Savannah IV : La croisière s’amuse
28 juillet 2017 - Escales Escales commentaires   //   310 Views   //   N°: 90

Après deux ans de construction, le cargo-mixte Savannah IV est opérationnel depuis le mois de mai 2017. Le navire d’une capacité d’une centaine de voyageurs, en plus de sa mission de désenclaver Maroantsetra, a vocation d’exploiter les potentiels touristique et économique de ce district. Et ils sont énormes.

Dimanche 21 mai, très tôt. Alors qu’on ne voit encore à l’est que les premières lueurs de l’aube, Savannah IV quitte le port de Toamasina pour faire cap sur Maroantsetra, dans l’Analanjirofo, au nord-est de l’île. Une croisière qui va durer un peu plus de 24 heures. Le cargo-mixte de 48 mètres de longueur et 8 mètres de largeur effectue son voyage inaugural. A son bord il dispose de 110 places réparties en trois classes – économique, business et VIP – et 600 tonnes de fret. 

Ce qui fait de lui le plus grand navire desservant la ligne Toamasina-Maroantsetra. Les autres sont de petite taille et chavirent facilement sur ces eaux tumultueuses de l’océan Indien. Le Savannah IV, naviguant entre 10 et 12 nœuds, semble plus stable malgré les grosses vagues et les orages très fréquents dans cette zone.

Durant la croisière, alors qu’on est au beau milieu de nulle part et aucune terre à l’horizon, l’ambiance reste conviviale à bord, au pont principal comme au supérieur. Pendant que les uns se reposent tranquillement à leur place, les autres se mettent au bar pour boire un verre avec les amis, sous une lumière tamisée comme dans les night-clubs – de la bonne musique s’entend, en sourdine. La croisière s’amuse ! Matin, midi et soir, des repas sont offerts à tous les passagers de toutes les classes. Un cuistot fort d’une vingtaine d’années d’expérience en cuisine sur les bateaux est au fourneau pour égayer les papilles de ses hôtes. Il prépare des spécialités des côtes mais il lui arrive aussi de proposer des plats typiques des hautes-terres centrales.

L’arrivée du Savannah IV vient à point pour Maroantsetra et toute la région d’Analanjirofo. Cette localité a un très fort potentiel touristique mais est enclavée depuis plusieurs mois – et jusqu’à la Saint Glinglin – car la compagnie nationale Air Madagascar a suspendu sa desserte. Raison invoquée, la piste d’atterrissage de l’aérodrome du district est dans un état trop délabré. La route nationale, quant à elle, n’est pas carrossable. Si le temps est clément et qu’il n’y a pas de panne, il faut au moins cinq jours pour faire les 400 kilomètres en tout-terrain. « Sans compter les dépenses qu’on doit faire durant les jours de voyage », ajoute Rado Ramboalimanana, responsable des transports du Savannah IV. Tandis qu’en bateau, après environ 16 heures de mer, on peut contempler de loin combien l’île Sainte-Marie (Nosy Boraha) est belle.

En raison de sa taille, le Savannah IV ne peut pas accoster au port de Maroantsetra. Du coup le navire reste au large, près de l’îlot touristique et aire protégée de Mangabe. En attendant la vedette-rapide qui va faire le transbordement, les voyageurs peuvent contempler et écouter les explications de la demoiselle du bar barmaid comme quoi c’est ici que repose Jacques Rabemananjara (1913-2005), écrivain et homme politique, un des héros de l’Indépendance. Quelques tombes de pirates sont aussi visibles sur cet îlot.

Arrivée à Maroantsetra, de grands hôtels flambant neufs et dignes d’une grande ville touristique attendent les passagers du Savannah. « Sa construction a duré deux ans. Entretemps, des opérateurs hôteliers ont eu vent de l’arrivée d’un navire qui pourrait transporter une centaine de touristes à la fois. Ils se sont alors précipités pour créer des nouveaux hôtels pour accueillir ces derniers », explique Rado Ramboalimanana. Comme quoi un bateau ça vous change un monde !

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