Samuel Cortès
2 novembre 2013 - Cultures Portfolio commentaires   //   1778 Views

n°46

Rencontrer, raconter

Menuisier de formation, Samuel Cortès découvre la photo en 2010, un peu avant ses 18 ans, en « empruntant » le boîtier de son père… l’histoire ne dit pas s’il le lui a rendu. Après s’être essayé à la photo de concerts à travers la France (« un prétexte pour sortir de chez moi »), il débarque à Madagascar en janvier 2013 sur les conseils d’un ami qui a intégré l’association du père Pedro. Pendant six mois, il va s’intéresser aux danseurs de rue que l’on voit devant l’Institut français de Madagascar (IFM),

matière au reportage Les éducateurs de l’envers, avant de s’attaquer aux enfants des rues avec Paradoxe enfantin exposé depuis le 17 octobre à l’Is’art Galerie. De la Grande Ile qu’il doit quitter en décembre, il ramène également le reportage 24 heures de rencontres à Madagascar.« La photo je la vois comme un mélange journalistique et artistique, l’un met en valeur l’autre et inversement. Il y a des photos qui sont proches de peintures, c’est certainement un art majeur pour certains mais pas pour tous. Pour moi c’est surtout un moyen de véhiculer l’information ». Armé de son Nikon D700 (ou de son Nikon F4 pour l’argentique) Samuel avoue ne pas voir de préférence entre le noir et blanc ou la couleur,

« 24 heures de rencontres à Madagascar »

« C’est une chômeuse rencontrée alors qu’elle buvait son café au bord de la route. Pour vivre elle n’a que le salaire de sa mère qui tient une épicerie, ça transparaît sur son visage. C’est l’une des 24 personnes photographiées pour « 24 heures de rencontres à Madagascar » : des mendiants, des drogués, des homosexuels, des militaires, des étrangers. Objectif : « Passer une heure avec eux avec une photo à la rencontre et une seconde photo après avoir discuté… »

« Paradoxe enfantin »

« J’ai vu ce petit bonhomme au loin, absorbé par les danseurs qui se retrouvent devant l’IFM. Un gosse de la rue. C’est après que j’ai réalisé que je l’avais coupé au niveau des yeux, car l’expression de son visage était triste en comparaison de ses vêtements très colorés.

Il m’a révélé cette chose, le paradoxe entre l’habit et l’expression… »

« Les éducateurs de l’envers »

« Ce sont les danseurs que l’on voit tous les jours à Analakely, devant l’Institut français de Madagascar. Cette photo fait partie du reportage « Les éducateurs de l’envers ». J’y montre l’influence que peut avoir la danse sur les enfants de la rue, elle permet de les cadrer. En France, j’avais fait un travail similaire sur la boxe éducative. »

Recueillis par Joro Andrianasolo

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