Réussir grâce à son handicap
19 juin 2018 - Grand Angle commentaires   //   210 Views   //   N°: 101

Ils sont musiciens, danseurs, photographe et travaillent dans une ferronnerie d’art. Pourtant ils sont aveugles, sourds et muets, amputés d’une main ou d’une jambe, trisomiques… Leur handicap ne les a pas empêchés de développer leur potentiel artistique.

Hery prépare les fils de fer qui vont ensuite servir pour la soudure et la réalisation des branches de baobabs métalliques. Antananarivo, Alasora, 2017

Après le cours, Mamy joue quelques notes. Toliara, 2017

Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé estime à un milliard le nombre de personnes ayant un handicap soit 15 % de la population mondiale. A Madagascar, les données officielles sur le handicap datent de 2003. Le ministère de la Santé estimait la prévalence du handicap à 7,5 % soit 1 867 091 personnes. A cette époque, les données indiquent que 54,2 % des personnes handicapées avaient moins de 18 ans et un tiers souffraient d’un handicap moteur. « La Direction des personnes handicapées du ministère de la Population a réussi à inclure dans le recensement de la population qui est actuellement en cours, des questions relatives au handicap et ses différentes manifestations. Ce recensement nous apportera des données fiables et actualisés. On sait aujourd’hui qu’un enfant sur cinq présente une déficience physique ou intellectuelle à la naissance », affirme Pilar Duat Llorens, directrice du Programme Madagascar d’Humanité et inclusion (HI).

Les personnes en situation de handicap (PSH) sont souvent victimes de discrimination sociale et professionnelle. Pourtant, des artistes connus dans le monde de la musique, comme Rajery qui a perdu l’usage de sa main droite à l’âge d’un an ou

De bon matin à 6h, devant sa cabane inondée par la pluie, Bezara s’apprête à rejoindre le centre ville pour travailler. Toamasina, Tsararivotra, 2017

Dans le gymnase de l’Université d’Antananarivo, Fenotina réalise un mouvement de danse acrobatique. Antananarivo, Ambohitsaina 2017

Jess Black, aveugle de naissance, ont réussi à faire de leur handicap une force. Preuve que la différence ne doit pas être une source d’exclusion. Il est important de prendre en compte les besoins des personnes en situation de handicap pour éviter leur exclusion de la vie sociale et politique rendant difficile l’accès aux droits essentiels. « Au sein du HI, nous travaillons pour l’inclusion des personnes vulnérables avec un accent sur les personnes handicapées. Avec nos partenaires nous avons développé une stratégie d’intervention composée de trois axes complémentaires sur l’éducation et la santé et une sphère plus politique en accompagnant les organisations de personnes handicapées pour une application effective de la Convention internationale des droits des personnes handicapées. Cette année, nous allons élargir notre intervention dans le domaine de la santé mentale, que nous n’avons jusqu’à présent réalisé que dans le milieu carcéral. »

Après la ratification de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées par Madagascar en 2015, des avancées ont été constatées, notamment au niveau du ministère de la Population par la création d’une nouvelle direction spécifique aux personnes handicapées. La Direction s’est dotée du Plan national d’inclusion du handicap 2015-2019. « Un plan qui devrait bientôt être évalué et renouvelé. Depuis, la Politique Nationale de la Protection Sociale a inscrit la situation du handicap en tant que critère de vulnérabilité et la Commission Nationale du Handicap devrait voir le jour espérons-le ce mois de juin. »

Posant sereinement dans le chaos des rues d’Itaosy, la préférence de Jess Black était la salle de prière à proximité. (interdite à notre caméra) Antananarivo, Itaosy 2017

Un événement annuel, Hazakazaka posy posy est géré et hébergé par Rajery Antsirabe, 2017

Photos : #ZanakynyLalana

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