Régis Gizavo : Mort d’un géant
4 septembre 2017 - Cultures commentaires   //   276 Views   //   N°: 92

Ces derniers mois ont été particulièrement marqués par la disparition soudaine de grosses pointures de la musique malgache. Au mois de juillet, le géant planétaire de l’accordéon, Régis Gizavo s’en est allé à l’âge de 58 ans. Une mort qui a ému non seulement Madagascar mais toute la scène internationale.

Jamais le décès d’un musicien malgache n’a été autant parlé dans la presse mondiale. En Europe comme au Maghreb, ainsi que sur le continent américain, des journaux, radios et chaînes télévisées francophones et anglophones en ont parlé. « Un maestro de l’accordéon », écrivait le journal français Le Monde dans la première phrase de son article. « Une star mondiale de l’accordéon », dit RFI. Des phrases admiratives similaires pouvaient être lues partout. « Aujourd’hui je suis triste ! J’ai perdu un ami mais surtout un des plus grands artistes avec qui j’ai eu la chance de jouer. Celui qui m’avait réconcilié avec l’accordéon… Un magicien des notes, Monsieur Régis Gizavo », a publié la star française Christophe Mae sur son tweeter pour annoncer la disparition soudaine du musicien malgache. Régis Gizavo s’en est allé le 16 juillet dernier alors qu’il était sur scène en Corse avec groupe instrumental et vocal L’Alba. Il a eu un malaise cardiaque.

A part ses propres projets et albums solos, Régis Gizavo, originaire de Toliara a aussi joué avec un bon paquet de musiciens et groupes venant des quatre coins de la planète. Il a collaboré et sorti des opus avec Graeme Allwright, le compositeur et l’accordéoniste Marc Berthoumieux, Cesaria Evora, Boubacar Traoré, Mano Solo , Bernard Lavilliers, entre autres. Il a aussi joué dans des groupes tels que Bohé Combo, les Camerounais des Têtes Brûlées ou encore les Corses I Muvrini. Mais aussi René Lacaille, Richard Galliano, Lura, les Mahotella Queens, etc. La liste est longue ! Et on ne parle pas des formations malgaches comme, entre autres, l’All Stars dans laquelle on retrouvait des Fenoamby, Justin Vali, Dama et Erick Manana. Dernièrement, il a formé avec Monika Njava et le guitariste D’Gary le trio Toko Telo.

A lui tout seul, il a fait rayonner Madagascar partout dans le monde grâce à sa virtuosité. Pourtant, ces incroyables doigtés sur « le piano des pauvres », appellation qu’on donne là-bas à l’accordéon, ont été apprises seulement en regardant son père et ses frères jouer. Musicien de naissance, il lui suffisait juste d’écouter et de reproduire sur l’accordéon diatonique de son père ce qu’il avait entendu. A 12 ans, il a intégré une petite formation locale pour animer des fêtes villageoises. Il y jouait des tangos, des paso dobles et des valses pour les Français vivant à Madagascar. Le samedi soir quand la fatigue des autres musiciens se faisait sentir, il interprétait en solo ses compositions.

Enune trentaine d’années de carrière, cet homme qui aimait la vie et les rencontres humaines n’a cessé d’apprendre d’autres manières de jouer et de perfectionner son jeu. « Je suis certain qu’il y a toujours des choses à apprendre chez les autres. C’est pour cela que j’aime rencontrer des gens d’univers différents qui n’ont rien à voir avec la musique malgache », aimait-il dire.

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