Rayn’Ve : Maître du zafindroots
16 mai 2018 - Cultures commentaires   //   245 Views   //   N°: 100

Après avoir flirté avec l’univers du rap au début des années 2000, Randrianirina Jean Olivier – connu à l’époque sous le nom de Vitny – décide de faire prendre un tournant majeur à sa carrière en sortant en 2008 son premier album : « Ody Gasy » (Gri-gri malgache). Un opus aux rythmes traditionnels betsileo qui a marqué la reconversion musicale de celui qui se fait aujourd’hui appeler Rayn’Ve.

Passer d’un registre urbain à un style traditionnel n’est pas à la portée de tous. Pourtant, Randrianirina Jean Olivier, alias Rayn’Ve, y est parvenu. Rappeur à ses débuts, l’artiste a choisi de s’aventurer vers de nouveaux horizons pour enrichir sa culture musicale et pour s’épanouir sur le plan artistique. En 2007 s’opère alors un changement progressif de registre pour celui qui se faisait encore appeler Vitny. Du rap, il passe au « vazo miteny » (chanson à texte) qui lui permet de combiner ses talents d’auteur avec ses capacités de guitariste.

Cependant, cette transformation n’a pas réussi à satisfaire tout à fait l’artiste, en quête perpétuelle de nouveauté. Puisant dans ses origines, il a fini par se tourner vers le « zafindraona », une musique traditionnelle betsileo qui a été influencée par l’arrivée du gospel à Madagascar. Ce fut la révélation. « Ma vision artistique a évolué, j’ai changé mon nom de scène en Rayn’Ve. »

De là, le chanteur décide de se rendre dans la ville des Mille pour fonder son propre groupe. Son arrivée dans la capitale lui a permis de travailler avec des musiciens reconnus comme Johnny Bass, Tiana Rain-Telo et Tiana Valiha. Ces derniers ont d’ailleurs rejoint Rayn’Ve sur son premier album « Ody Gasy », sortie en 2008, qui résonne sur fond de musique zafindraona.

Malgré cette collaboration fructueuse, la fine équipe a dû prendre des chemins différents. Rayn’Ve est retourné à Fianarantsoa, sa ville natale, pour se ressourcer. Pendant une longue période, il a vécu en ermite dans la campagne pour se concentrer sur sa musique. C’est ainsi qu’il en est venu à créer son propre style : le « zafindroots » qui est un mix de roots, de horija, de zafindraona et de isa betsileo. Le tout mélangé avec des notes rappelant la musique Antandroy (Sud) bien que chanté en dialecte betsileo. Autant dire du jamais vu ! « Le zafindroots que j’ai créé est un mariage de tous les styles propre à ma région mais avec ma touche personnelle. »

Le hasard faisant bien les choses, Rayn’Ve finit par croiser le chemin de Paul (percussionniste) et Herizo (guitariste), qui partagent comme lui l’amour pour la musique traditionnelle. Au zafindroots vient s’ajouter de nouvelles influences bluesy et funky. « Nous continuons à faire du traditionnel mais nous souhaitons également toucher un public plus vaste à travers une musique plus moderne. »

Pour l’instant, les trois mousquetaires ne se pressent pas pour sortir un album, préférant prendre leur temps pour travailler leurs compositions. Mais cela ne les empêche pas de se produire sur scène. En juin prochain, Rayn’Ve et sa troupe se produiront sur la scène de l’Alliance française Andavamamba pour la fête de la Musique. Qui, du coup, sera aussi une fête betsileo !

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