Rapo Atlas : Beko groove fusion
2 avril 2019 - Cultures commentaires   //   319 Views   //   N°: 111

Leurs premiers pas sur scène, ils l’ont fait en 2016 lors du concours Musique d’Afrique, organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie, à l’occasion du Sommet de la Francophonie. Trois ans plus tard, c’est sur la scène du no comment® bar que nous avons pu redécouvrir Rapo Atlas et son fameux « Beko groove fusion », un genre où la musique traditionnelle se mêle aux rythmes du blues et du reggae.

Après trois ans de silence radio, Rapo Atlas (qui doit son nom à celui du leader du groupe) a décidé de reprendre le chemin des studios et de renouer avec la scène. Et qui dit comeback, dit forcément concerts, dont celui qu’ils ont donné au no comment® bar en février dernier. L’occasion pour le quintet de rafraîchir la mémoire et de déboucher les oreilles de ceux qui les avaient vus sur la scène du concours Musique d’Afrique organisée par l’OIF en 2016, à l’issue duquel ils s’étaient placés en troisième place. Trois ans d’absence certes, mais le groupe n’a rien perdu de sa vigueur et encore moins de son groove.

Rapo Atlas (chant et guitare), Christophe (guitare), Tone (guitare solo), Bam (basse) et Tahiana (batteur), ont fait découvrir à ceux qui ne le connaissaient pas encore ce qu’est le « Beko groove fusion ». « La plupart des membres du groupe viennent du sud de Mada. Nous avons été bercés par les rythmes traditionnels du Beko, mais en grandissant, nous avons eu d’autres influences musicales comme le reggae et le blues. Pourquoi devoir choisir entre ces genres ? Nous avons donc opté pour la fusion », explique Atlas. Chez Rapo Atlas, le Beko, ce genre ancestral que certains présentent également comme le blues des Antandroy, se pare d’une touche de modernité apporté par le blues et le reggae.

Moderne, oui, mais pas trop quand même ! « Nous utilisons des instruments modernes toutefois, nous tenons à conserver cet aspect traditionnel. Pour cela, il nous arrive de dérègler nos guitares pour obtenir le même son que celui du marovany (une sorte de valiha ou de cythare en bois). »

Dans leurs chansons, les thèmes abordés sont universels. « Nous voulons que tout le monde puisse s’identifier à notre musique. C’est pour cela que nous avons choisi de chanter non seulement en malgache mais aussi en français et en anglais. »

En tout cas, leur message est passé et pour preuve ! En 2016, leur titre Djuma s’est classé dans le top 20 au Pays-Bas. Dans cette chanson, Atlas raconte sa rencontre avec un jeune sans abris qu’il a fini par prendre sous son aile et dont il s’occupe maintenant. Un message d’amour et d’entraide qui a su se faire une place outremer malgré la barrière de la langue. « Jusqu’à maintenant, nous continuons de recevoir des retours de l’étranger au sujet de Djuma. Ne serait-ce qu’en décembre dernier, un ami venant de Bordeaux a envoyé de l’argent pour aider les enfants démunis de mon quartier (Mandroseza) après avoir découvert la véritable histoire de Djuma ».

Avec une quinzaine de titres à son actif, comme Nosy Tsy Hita Maso (Ile cachée) ou Taniko (Ma Terre), Rapo Atlas prévoit actuellement de sortir leur premier album et d’enchaîner les concerts.

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