Rado Andriamanisa : L’âme de la soul
29 décembre 2017 - Cultures commentaires   //   980 Views   //   N°: 96

On le connaissait comme l’un des plus grands réalisateurs du pays avec une brassée de trophées à son palmarès. Aujourd’hui, c’est son côté  virtuose de la soul qui se dévoile avec des morceaux soigneusement travaillés et retravaillés pendant une vingtaine d’années. 

Dès les premières notes, la patte musicale de Rado Andriamanisa se fait sentir.  De la soul maîtrisée où les mélanges des genres et des caractères fusionnent avec bonheur. Il a cette capacité à s’approprier les racines de la soul en les bouturant à d’autres influences comme le R’n’B, l’afro-trap, le trip hop, le chill, le cloud rap, etc. Il est même allé jusqu’à l’adapter à des influences moins attendues comme le kalon’ny fahiny (répertoire rétro des hautes terres).  Ses fans connaissent surtout son titre  Cham faly (Tous heureux) joué de multiples manières selon le feeling. « Au début, nous avons opté pour un style boom bap, après on l’a joué en acoustique et puis plus organique quand on est sur scène. C’est l’avantage de n’avoir enregistré aucun morceau. Je peux le remodeler à ma manière. »

Cet amour pour la recherche et la musique, il l’a en lui depuis toujours. « En 1996, avec mes cousins, on squattait la salles de bains pour chanter  a capella. Je suis aussi un grand fan de gospel. » Sur les traces de ses idoles, Quincy Jones et Vinx, deux légendes de la musique afro-américaine,  Rado Andriamanisa est d’abord un faiseur de mélodies. « Il fut un temps où je vivais comme un nomade. Il m’arrivait de traîner chez un pote, de lui installer un logiciel de son puis de créer des chansons avec lui pour s’amuser. Après, je migrais vers un autre ami toujours pour fabriquer des sons. » Avant de s’attaquer aux mélodies, il gribouille des paroles dans son calepin,  pas seulement pour lui mais aussi pour ses amis artistes. « Il m’est déjà arrivé de proposer des paroles pour Lalie, Silo,  Seheno Rama, Mafonja, etc. J’aime partager le fruit de mon âme. » L’âme d’un poète ? Oui et le cœur qui va avec puisque ses paroles traitent de l’amour sous ses multiples formes, aussi bien entre deux êtres que pour la musique ou le pays. 

Rado Andriamanisa est aussi dessinateur, peintre et grafeur mais son gagne-pain réside dans la réalisation de clips et documentaires dont la saga Djaomalaza. « Ma passion pour la musique et mon travail de réalisateur sont complémentaires. Mon côté musicien nourrit mes créations en musique de film documentaire. » Aujourd’hui, il compte mettre davantage en avant son côté musicien et multiplier les concerts. Après une vingtaine d’années dans la musique et une trentaine de morceaux, ce n’est qu’en juillet dernier que Rado Andriamanisa s’est présenté en showcase pour la toute première fois au Centre de ressources des arts actuels (Craam). « J’ai été très surpris et à la fois ému de voir que les gens connaissaient et appréciaient mes chansons. » Suite à ces réactions positives, le soul man prévoit de sortir des morceaux encore plus recherchés.  Une note de plus à une carrière d’artiste déjà  bien remplie !

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