Ra-Donné : Ohé matelot !
16 janvier 2017 - Métiers commentaires   //   1055 Views   //   N°: 84

Les habitants de la rive gauche de l’Ikopa, du côté de Tanjombato, n’ont plus à se plaindre pour traverser. Tel un gondolier vénitien, Ra-Donné les attend pour les faire traverser à bord de sa pirogue. Il était un petit navire !

Depuis une année, on aperçoit du côté de Tanjombato (au niveau du supermarché Leader Price précisément) des pirogues qui font des va-et-vient sur la rivière de l’Ikopa. Elles ont à chaque fois à leur bord des passagers. Ra-Donné, la quarantaine, un riverain, a fait de ce transport son métier. Posté à l’arrière de la pirogue, comme sur une gondole vénitienne, il rame et commande la direction de l’embarcation avec un long bambou. En une journée, il fait d’innombrable fois la traversée de l’Ikopa. « La pirogue est de neuf places, mais je n’attends pas qu’elles soient toutes prises pour partir. Contrairement au taxi-brousse du Fasan’ny Karana, je largue les amarres même si je n’ai qu’un seul passager », explique-t-il tenant cérémonieusement la main d’une passagère pour la faire monter dans son embarcation.

La pirogue de Ra-Donné comme celles de ses collègues sont de simples assemblages de planches. Elles semblent rudimentaires mais les pilotes savent fort bien naviguer sur cette eau pas toujours calme. « Je n’ai pas eu de réelle formation, mais je peux dire que je maîtrise l’art de la navigation. C’est en ramant qu’on devient rameur ! » Il affirme qu’aucun accident – même le plus bénin – n’a jamais été enregistré depuis qu’ils font ce travail. « Par prudence, nous ne travaillons si le courant est trop fort, notamment lors des cyclones. » La mission de ce père de famille est de rendre plus facile l’accès à la rive gauche de l’Ikopa. En effet, le seul pont existant se trouve très au sud, au niveau du Jumbo Smart, pénalisant ceux qui habitent plus au nord. D’où l’idée pour Ra-Donné et ses collègues de relancer cette activité qui a toujours existé là-bas mais qui est restée abandonnée pendant un assez long moment.

Un petit métier, certes, mais qui rapporte, car ici pas de frais de carburant ou d’entretien du moteur. Ses seules dépenses notoires sont le « rezima » (régime), à savoir café et mofogasy le matin, baguette et nouilles vers 11 heures et un verre de rhum le soir, avant de rentrer.

Le tarif est d’Ar 100 par personne et par traversée. C’est plus qu’abordable pour les riverains de la rive gauche qui, sans Ra-Donné et ses collègues, perdraient un bon quart d’heure à faire le détour à pied. D’autant que Ra-Donné sait aussi mettre de l’ambiance sur sa pirogue. « Il a toujours des petites vannes à sortir pendant les brèves minutes de traversée », fait savoir Ravo, une de ses fidèles clientes les plus fidèles. La croisière s’amuserait-elle sur l’Ikopa ?

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