Plus jamais ça !
24 mai 2016 - Tribune commentaires   //   1043 Views   //   N°: 77

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Ils s’appelaient Andy, Meva, Ny Avo, Koloina, Tendry et Rojo. Le soir du vendredi 29 avril, leurs parents étaient pressés de voir leur excitation de retour d’une classe verte. Hélas, ils ne sont jamais revenus. Ce jour-là, deux terribles accidents impliquant des taxis-be ont secoué la capitale : un à Mahitsy causant le décès de 6 enfants et d’un adulte, un autre sur la route de la digue causant le décès de 5 adultes. En cause, la vitesse, l’alcool, le non-respect des règles mais surtout le « laisser-aller global ». 

Ce sinistre appelle au réveil et à la prise de responsabilité de tout un chacun : les transporteurs, les gouvernants mais aussi chaque citoyen. Cette fois-ci les taxis-be sont les premiers visés mais tout le monde est finalement concerné. À l’échelle citoyenne, le respect, la rigueur et la discipline doivent être nos mots d’ordre. Ne pas prendre le volant si on a consommé de l’alcool, par exemple, est une règle très simple que nous oublions après une petite sortie du samedi soir.

Ce ne sont pas les lois qui sont mauvaises ou qui manquent, même si des améliorations peuvent toujours être apportées, ce sont surtout leur application. Agissons, exigeons, persévérons chaque jour. Les gouvernants doivent appliquer la tolérance zéro et la sévérité totale à partir de maintenant. Tolérance zéro envers les citoyens contrevenants mais aussi envers ceux qui sont censés faire appliquer les lois, notamment les policiers et gendarmes, mais qui ne le font pas. Pour mesurer l’amélioration ou l’aggravation de la situation pour les temps à venir, comme dans beaucoup de pays du monde, les gouvernants doivent mettre en place un compteur national des victimes de la circulation routière, et en publier les chiffres chaque début de mois.

Aujourd’hui, c’est toute la chaîne de la circulation routière qui est gangrenée par le laxisme et le grand n’importe quoi : acquisition du permis vorontsiloza (permis dindon, obtenu par corruption), contrôles techniques non sérieux, policiers et gendarmes qui ne font pas toujours ce qu’ils doivent faire, citoyens laxistes et irrespectueux des autres acteurs routiers et des piétons, transporteurs qui imposent la loi du plus fort avec leurs camions, etc.

Voilà pourquoi le jeudi 5 mai, à l’initiative de plusieurs citoyens appuyés par des groupes sur les réseaux sociaux, une marche blanche a été organisée pour rendre hommage aux victimes mais aussi pour montrer l’indignation face à ce danger permanent. Une centaine de personnes ont répondu à l’appel. L’importance de cette marche résidait dans l’idée qu’il est temps que le peuple malgache réagisse de façon pacifique et citoyenne quand quelque chose lui arrive ou quand quelque chose de grave se passe dans le pays, une des idées que Wake up Madagascar porte à bras-le-corps depuis sa création, il y a trois ans. 

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