Orgasme : Chérie, pourquoi tu cries ?
28 août 2013 - Fananahana commentaires   //   1833 Views   //   N°: 43

Vous et votre partenaire êtes-vous du genre à « bouillonner d’ardeur » ? Chaque mois, Christian Berthelot, psychothérapeute et sexothérapeute, aborde sans tabous ni ornières un sujet lié à la sexualité et au bien-être du couple. 

Le mot orgasme vient du grec et signifie « bouillonner d’ardeur ». Belle entrée en matière, ne trouvez-vous pas ? Rappelons qu’initialement, la fonction amoureuse réside dans la procréation, la nécessité de pérenniser la race humaine à travers les âges mais largement associé à une fonction de recherche de plaisirs érotiques, contrairement à la plupart des animaux. Il est la réponse physiologique qui intervient au maximum de la phase d’excitation sexuelle dite en plateau. Il est souvent synonyme de jouissance extrême. 

Il est associé, chez la femme, à la rétraction du clitoris ainsi qu’à des contractions musculaires rythmiques périnéales et intra-vaginales. Quant à l’homme, il est associé à l’éjaculation et à des contractions musculaires rythmiques des muscles du périnée. L’orgasme libère deux protéines neurologiques : l’ocytocine et la prolactine qui provoquent une profonde sensation de plaisir et de bien-être. 

L’orgasme humain résulte le plus souvent de la stimulation du clitoris et/ou du vagin, du pénis, mais également des zones érogènes diverses et variées selon les individus plus ou moins sensibles : seins, anus, aisselles, muscles pelviens, point G chez les femmes, prostate chez les hommes, sans oublier le rôle décisif de stimulations psychologiques liées aux pensées, fantasmes, émotions, mais aussi de stimulations sensorielles : vue, audition, ouïe, olfaction, goût, positions et mouvements du corps. On peut citer également l’orgasme sous hypnose, le tantrisme…Il est possible d’avoir un orgasme en rêvant sans qu’aucun stimulus physique n’ait été mis en oeuvre. Il est illusoire de prétendre séparer le corps et l’esprit, c’est finalement dans le cerveau que se fait l’intégration des différents systèmes. Certaines personnes présentent une faculté multi orgasmique et peuvent vivre plusieurs orgasmes à peu de temps d’intervalle. Ce phénomène est de loin bien plus courant chez les femmes que chez les hommes. 

Il est temps de réparer ce qu’a initié « Tonton Freud » : les femmes ne sont pas soit vaginales soit clitoridiennes, elles ont la possibilité d’être les deux ! Mais toutes ne le savent pas ! Atteindre l’orgasme est un apprentissage, demande du temps et passe souvent par la masturbation qui permet de gérer la maîtrise de son plaisir. Les accouplements mécaniques montrés dans les films pornographiques s’avèrent très souvent des freins dans la relation sexuelle et un véritable « tue-l’amour » : il est bon de rappeler que la relation sexuelle n’est pas une compétition et qu’il n’y a pas d’obligation de résultat. De ce fait, trop souvent, les couples qui veulent absolument atteindre l’orgasme n’y arrivent pas. 

Beaucoup de couples sont à la recherche d’orgasmes simultanés, comme je les comprends (!), mais en matière de sexualité, il est primordial de trouver un accord avant tout. L’orgasme est la résultante de beaucoup d’amour, de tendresse, de caresses, d’écoute de soi et de l’autre, d’attentions réciproques au quotidien… 

Par Christian Berthelot

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