Opus 106 – Sahy Ratia : Lumineux et intrépide
6 septembre 2018 - Cultures commentaires   //   692 Views   //   N°: 104

Ne vous y trompez pas. Sous ses airs angéliques et son « bel canto irrésistible » (Classicnews 2015) se cache un artiste lumineux et intrépide, comme son nom l’indique.

Sahy Ratia (Ratianarinaivo pour l’état civil) est un ténor malgache qui évolue en France depuis 2012. Cette année, de juin à septembre, il est le Remendado de Carmen (Bizet) dans une mise en scène signée Radu Mihaileanu pour Opéra en Plein Air. Le spectacle est donné dans les plus beaux sites de France, du parc de Sceaux aux Invalides, en passant par le château de Vincennes. De novembre à janvier 2019, Sahy jouera Facio dans Fantasio (Offenbach) à l’Opéra de Montpellier. Et de février à avril 2019, il sera la doublure de Michael Spyres dans le premier rôle du Postillon de Longjumeau (Adolphe Adam) à l’Opéra-Comique. Puis, en avril et mai, il interprétera Nemorino dans l’Elisir d’Amore (Donizetti) à l’Opéra d’Avignon.

Mais quel est le secret d’une si belle carrière? Pour le comprendre, remontons à ses origines. Sahy Ratianarinaivo vient d’une famille où la musique et le chant occupent une place capitale depuis des générations. Il commence à chanter dans la chorale de l’église anglicane d’Ankadifotsy à quinze ans. Il intègre ensuite la formation supérieure de Laka et son ensemble vocal pendant deux ans avant de s’envoler pour l’Hexagone, au Conservatoire du XVIème dans la classe de Pierre Catala. Parallèlement, il est reçu à l’École du chœur grégorien de Paris pour un cursus de deux ans. Ensuite, c’est le Conservatoire supérieur de Paris (CNSMDP) qui lui ouvre ses portes. Il y obtient son Diplôme national supérieur professionnel de musicien en trois ans, et y poursuit encore ses études un an avant de prendre son envol.

Parmi les rencontres qui ont été déterminantes pour lui, Sahy cite Holy Razafindrazaka et Dominique Rakotonirina à Madagascar, Louis-Marie Vigne au Chœur grégorien de Paris, le chef d’orchestre David Stern de la compagnie Opera Fuoco, et surtout Marcel Boone avec lequel il a travaillé pendant deux ans au Conservatoire de Paris : « Il a su comprendre et régler mon mécanisme. En somme, c’est lui qui a extrait l’or de sa gangue ». D’ailleurs jusqu’à ce jour, Sahy continue de se former avec ce professeur.

Notre jeune ténor a été repéré par une agence au moment où il passait son prix au CNSMDP et depuis, il mène une carrière passionnante à l’opéra dans toute la France. Mais Sahy reconnaît qu’il doit aussi beaucoup au Chœur Grégorien, avec lequel il chante la messe à la Mission Etrangère, la Vigile de Noël et la Semaine Sainte à Fontfroide ou encore en Normandie. « Le chant grégorien et l’opéra sont totalement complémentaires à mes yeux », explique-t-il. « Grâce au grégorien, j’ai pu développer une grande flexibilité dans ma technique vocale et beaucoup plus de facilité dans les nuances, dans l’interprétation en général ».

Cette année à Tana, on a pu entendre Sahy Ratia avec la chorale Fanilo Fanantenana Ankadifotsy, l’Ensemble vocal Hiraitra et le chœur Santa Mikaely de Talatamaty en juillet et août dernier. Pour ceux qui veulent le revoir, un peu de patience. Un nouveau voyage est prévu sur la terre natale en 2019 pour une œuvre opératique avec Hiraitra.

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