Opus 106 : Hommage à Jean Félicien Ratefy
12 janvier 2018 - Cultures commentaires   //   390 Views   //   N°: 96

Jean Félicien Ratefy s’est éteint le 31 octobre dernier, à l’âge de 73 ans, après avoir passé le flambeau à toute une génération de pianistes. Il reste un patronyme indéniablement associé à l’excellence au piano depuis déjà une trentaine d’années.

Pour connaître les secrets de son succès, remontons à ses origines. Jean Félicien Ratefy est né dans une famille de musiciens. Son père était organiste à l’église catholique d’Antanimena. Il a initié tous ses enfants à la musique – d’église, essentiellement. Le jeune Jean Félicien, ayant montré un intérêt particulier pour le clavier, prend des cours plus poussés avec le professeur Pierre Rouillon à l’École provinciale de musique de Tananarive. Plus tard, et parallèlement à sa carrière de journaliste, il intègre le Cnem (Centre national d’enseignement de la musique) en tant qu’enseignant. C’était en 1974. Quatre ans plus tard, il s’installe dans le quartier d’Ankadifotsy et décide de fonder sa propre école, le CMR ou Cours de musique Ratefy.

Si vous avez suivi de près les actualités pianistiques de Tana ces trente dernières années, alors le nom du CMR n’a pas pu vous échapper : cette école a moulé la plupart des jeunes pianistes qui ont tiré leur épingle du jeu dans chaque concours de musique organisé à Madagascar et dans les régions voisines. Citons le Concours panafricain de musique et des arts à Pretoria en 1995 où Tony Ratefy, le fils aîné de Jean Félicien, représentait Madagascar ; en 1998, Julie Ratefy remportait un prix au concours régional Pian’Austral organisé chaque année sur l’île de la Réunion. Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres !

Lorsque Tony Ratefy parle de son père, c’est avec respect : « il faisait partie des éducateurs de la vieille école. Pas de clientélisme avec lui. C’était systématiquement un morceau, avec ses gammes et les exercices déliateurs correspondants. Il ne laissait rien passer tant que ce n’était pas parfait. L’élève qui veut réussir doit faire montre de sérieux et d’implication en permanence ». Et pour cause ! Ratefy n’hésitait pas à faire revenir quatre fois dans la semaine un élève qui préparait un concours.

En 1999, notre homme fonde avec Mireille Rakotomalala le Concours de piano de la Ville des Mille. En 2002, il est envoyé par le ministère aux Seychelles pour préparer les élèves aux examens de l’ABRSM (Associated Board of the Royal Schools of Music), après quoi le CMR devient le relais de cette institution britannique à Madagascar, offrant ainsi aux jeunes malgaches la possibilité d’obtenir un diplôme musical de niveau international.

Tous ses enfants sans exception sont musiciens professionnels, et c’est Tony Ratefy qui prend aujourd’hui sa succession au CMR.

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