Opus 106 – Adrien Marchand : Plusieurs cordes à son arc
11 juillet 2018 - Cultures commentaires   //   890 Views   //   N°: 102

Adrien Marchand est un musicien français installé à Madagascar depuis deux ans. Vous vous souvenez peut-être de son interprétation séraphique de la « Chaconne pour violon seul » de Jean Sébastien Bach, l’année dernière à l’IFM. Il avait captivé le public de la première à la dernière note !

Savez-vous qu’il y a dans nos murs un jeune violoniste de haute voltige ? A vrai dire, Adrien Marchand a plusieurs cordes à son arc et fait tout bien! Jugez-en plutôt : diplômé du conservatoire municipal de Paris en 2004 dans la classe de Philippe Coutelen, il suit des cours d’improvisation jazz pendant deux ans avec le grand Didier Lockwood. Après son baccalauréat, il est admis dans les classes préparatoires scientifiques avant son entrée en école d’ingénieur. Il marque alors une petite pause dans l’apprentissage de la musique, et reprend le violon – classique- en 2008 auprès du concertiste et chef d’orchestre Haik Davtian, avec lequel Adrien continue de prendre des cours lorsqu’il est de passage à Paris.

… Donc lorsqu’Adrien nous confie qu’il adore le trail et les danses latines, on suppose que ce ne sera pas du côté des amateurs qu’il faudra le chercher !

Mais revenons-en au musicien, car parmi toutes ses passions, la musique reste pour Adrien Marchand celle qui occupe la première place: « Elle m’a énormément apporté dans toutes les périodes de ma vie : la rigueur, la discipline, la persévérance et la patience qui sont obligatoires pour pratiquer un instrument aussi difficile que le violon durant toutes ces années ». Certes, avec son travail actuel il lui arrive de ne pas toucher son Alois Jais (fabriqué fin XIXe à Mittenwald) de longs moments. Mais lorsqu’il a du temps à y consacrer ou des concerts de prévus, il travaille plusieurs heures par jour.

Le violon est un instrument qui peut se suffire à lui-même : Corelli, Bach, ou encore Paganini ont écrit pour le violon seul des chefs-d’œuvre d’une valeur musicale inestimable. Mais les plus beaux moments de passion ne sont-ils pas ceux que l’on partage ? Pour Adrien en tout cas, même si chaque concert est unique, les instants les plus marquants de sa carrière ont été majoritairement des concerts avec orchestre. « Quand on réunit l’âme et la puissance de tous ces instruments au même endroit, il y des vibrations tellement fortes qui en émanent, que musiciens comme public, nous avons la sensation de vivre un moment privilégié et unique ». Adrien a bien sûr déjà rencontré des musiciens classiques malgaches avec lesquels il a tissé des liens et donné quelques concerts. Mais il aimerait beaucoup organiser à Madagascar un concert avec orchestre en 2019, autour d’un concerto romantique pour violon.

En attendant que ce beau projet voie le jour, cette année en août, notre artiste organise un stage de musique dans un petit village corse avec douze musiciens et deux professeurs. Ils y donneront un concert avec plusieurs formations, mêlant des registres très divers, notamment la musique traditionnelle corse. Cela lui tient particulièrement à cœur, car Adrien est très attaché à cette île par ses origines familiales.

Mais avant la Corse, le public tananarivien aura le bonheur d’écouter le virtuose, le 18 juillet prochain dans le cadre des Concerts du Midi de Madagascar Mozarteum à l’IFM. Adrien Marchand sera accompagné au piano par Herimanitra Ranaivo dans un programme Paganini, Schubert, Saint-Saëns.

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