Ongan-janahary : L’art funéraire Mahafaly
7 décembre 2016 - Traditions commentaires   //   1187 Views   //   N°: 83

De passage dans le Grand Sud, on ne peut s’empêcher de remarquer les imposantes sépultures des Mahafaly. Avant d’arriver à construire ces tombeaux parfaitement ornés, les Mahafaly pratiquent le « onga-janahary », un art funéraire qui permet de placer le défunt au digne rang d’ancêtre.

Quand un Mahafaly meurt, on lui accorde un « onga-janahary » digne de ce nom. « Onga » signifie littéralement faire tomber et « zanahary » pour dire que le défunt est déjà prêt à prendre son statut d’ancêtre. « Lorsqu’un Mahafaly décède, on procède d’abord à sa toilette funèbre. Ensuite, la famille du défunt communique à tous les membres du village et de ceux voisins la mort de leur proche », explique Michèle Ange Ralaiheilinarivony, étudiante chercheuse. La famille demande ensuite à un groupe de personnes d’aller dans la forêt pour prendre du bois afin de construire un cercueil pour le défunt. On le place alors dans son cercueil et on le garde dans sa maison. Cela étant, les proches demandent à un autre groupe d’aller chercher des pierres pour construire le tombeau étant donné que les tombeaux chez les Mahafaly sont individuels.

La famille offre des zébus en guise de « valin-devenana », remerciements à chaque service qu’on lui rend. Le premier zébu abattu est appelé « ombilahy » et on le partage avec tout le village pour marquer la fraternité. Chaque soir jusqu’à l’inhumation, c’est la fête au village. « Durant les veillées funèbres, les gens chantent, dansent, mangent, trinquent et tirent en l’air avec des fusils, non pas parce qu’ils sont contents de perdre un des leurs mais plutôt parce qu’ils sont ravis de faire en bonne et due forme tous les rituels de passage de leur proche au statut d’ancêtre. » Les rituels peuvent durer trois mois à cinq ans selon la volonté et la capacité financière de la famille.

Quand vient le jour de l’inhumation, on fait sortir le défunt de la maison où on l’a gardé. Pour cela, on est obligé de casser la partie est de sa demeure. « Cela fait, on le transporte en courant vers son « valavato », tombeau fraîchement construit. Les femmes battent des mains en courant et les hommes brandissent leurs sagaies. » Arrivés presque au tombeau, on appelle les filles du défunt pour faire un don d’« aloalo ». Ce sont des poteaux en bois aux motifs traditionnels pour rendre hommage au vécu du défunt et qui vont être érigés sur le tombeau. Tous arrivés au tombeau, on déplace le « zanahary » dans un autre cercueil, on le pleure une dernière fois et on l’inhume. On le recouvre de pierre et on érige les « aloalo » ainsi que les cornes de zébus. Le nombre de cornes équivaut au nombre de zébus tués durant les rituels. La beauté du tombeau reflète l’importance sociale du défunt. Plutôt ostentatoire le rituel !

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