On se calme !
4 mai 2015 - LifeStyle commentaires   //   2471 Views   //   N°: 64

Péter un câble, un plomb, une durite, un boulard… Ce ne sont pas les expressions qui manquent pour dire : attention, je ne réponds plus de rien ! Mais transposé sur le mode artistique, avouez que cela stimule plutôt la création et a tendance à donner de bien jolies choses…

Bodo : La musique adoucit les moeurs 

On l’a vue fin mars au Dome RTA d’Ankorondrano pour la célébration de ses 25 ans de carrière, avec un tout nouvel album à la clé Tsy miova (Je n’ai pas changé). Sa chanson Ry foko (Mon coeur) reste un des grands tubes des années quatre-vingt-dix et préconise de garder son calme plutôt que de péter les plombs. Car Bodo se sait impulsive, mais elle se contrôle ! « Des fois quand la colère monte, j’ai envie de mordre. Puis je respire un grand coup et je me dis que chanter est encore ce que je sais faire de mieux. Alors je souris et je chante ! » Tous les artistes sont un peu borderline du moment qu’il s’agit pour eux de faire parler leurs émotions. Bodo ne prétend pas échapper à la règle, ayant plusieurs fois failli laisser tomber sa carrière sur un coup de tête. Un coup de tête qui peut aller loin en ce qui la concerne « Une fois, je suis restée deux ans sans chanter. J’en avais marre, je me disais que le public n’avait plus envie de m’entendre. Et un jour l’envie d’enregistrer et de respirer à nouveau l’odeur des studios m’est soudain revenue. Alors c’est mon conseil : plutôt que de péter un câble et de faire n’importe quoi, tu prends bien ta respiration et tu attends que ça passe ! » Ah ça va déjà mieux ! 

Doubl’e’nn : Dr. Jekill & Mr Hyde 

Rappeur et cadre dans un ministère ? Cela peut sembler contradictoire, mais pour Doubl’e’nn, un des initiateurs du mouvement rap-gasy dans les années quatre-vingt-dix, c’est une question de dosage : savoir faire la part des choses entre le rappeur qui dit non et le fonctionnaire qui dit oui ! « Ce n’est pas toujours facile, mais il faut toujours faire la différence entre ce qui relève de l’art ou du spectacle et ce qui est la réalité. Je m’appelle Johannes Hary Patrick à l’état civil et Doubl’e’nn est mon double artistique : il sait très bien quelles sont les limites à ne pas franchir. » Il admet que parfois Mr Doubl’e’nn a comme des velléités de transgression, « du genre à tout foutre en l’air », mais le bon Dr. Johannes Hari est là pour le contenir et faire en sorte qu’il ne franchisse pas la ligne. « Nous avons tous cette double nature en nous à des degrés divers, c’est ce qui fait notre force. Sans Doubl’e’nn, je m’emmerderais ferme dans la vie, mais grâce à Johannes Hary qui le surveille et le manage, il reste une bête de scène qui se déchaîne où et quand il faut, c’est-à-dire quand le public le lui demande. » C’est noté, Docteur ! 

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