Nofinofy ?
24 mai 2016 - LifeStyle commentaires   //   1479 Views   //   N°: 77

Andry Ravalomanda : Au diable les embouteillages ! 

Les bouchons font partie du lot quotidien de milliers de Tananariviens. « Il est temps que cela change. Pour éviter la perte de temps, avoir moins de stress et de frustration causés par les embouteillages, l’application Leo tara (ras-le-bol d’être en retard) permettra de connaître en temps réel l’état du trafic dans la capitale grâce à des capteurs installés sur les axes routiers », c’est ce qu’ambitionne l’entrepreneur Andry Ravalomanda. « La personne recevra une notification via son téléphone pour lui indiquer l’heure optimale pour partir à son rendez-vous. Elle aura le choix entre plusieurs itinéraires pour gagner le plus de temps possible. » Ce projet lui a valu un ticket d’entrée à deux concours internationaux qui vont se tenir à la fin de ce mois aux États-Unis, le Global Entrepreneurship Summit et le Global Innovation through Science and Technology.  

Andry Ravalomanda travaille actuellement à la création d’une ONG dont la mission sera de former la nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux, ceux qui proposent des solutions aux problèmes des Malgaches en s’appuyant sur l’innovation technologique. Un talent de leader qu’Andry a acquis lors de sa participation au Mandela Washington Fellowship, une formation pour les jeunes leaders africains, aux États-Unis, en 2014.

Roland Rakotovao : Le fihavanana est une utopie 

« Il est erroné de penser que la société malgache d’antan, où sont nées des valeurs telles que le fihavanana, était une société idéale », affirme Roland Rakotovao, historien et enseignant-chercheur. En effet, beaucoup sont tentés de croire que grâce à la fameuse sagesse malgache, les Ntaolo (anciens) avaient une vie calme et paisible. Au contraire, les conflits ont toujours existé et ce depuis la conquête des territoires. Pour rappel, Madagascar a été peuplé par différentes vagues de migrants. Au début il existait plusieurs groupes ou foko issus d’un même ancêtre. Pour qu’il y ait une solidarité et une certaine unité dans ce groupe, les aînés avaient instauré les fady (tabous ou interdits).  

C’était donc un moyen d’instaurer la paix. Mais là encore, tout est relatif. Le roi qui a réussi à instaurer un semblant de quiétude était Andrianampoinimerina, car il a réussi à réunir l’Imerina.  Avant cet illustre souverain, les conflits étaient fréquents. Témoins de cette insécurité ambiante, les sites et les villages qui étaient alors érigés en hauteur et étaient de plus entourés de nombreux fossés. « C’est seulement à partir de son règne qu’on a commencé à occuper les territoires dans les plaines. Il a pu instaurer une politique qui permettait de se sentir en paix », ajoute l’historien. Selon lui, les hainteny (conteurs) ont permis de transmettre cette idée de société idéale, complètement utopique. Il ajoute qu’il est compliqué de transposer ces valeurs datant de la royauté dans notre époque. Ce que propose cet historien est de chercher des solutions totalement nouvelles qui seraient adaptées au contexte actuel, en prenant pour exemple la mondialisation : « La question qui se pose est de savoir comment mobiliser les Malgaches pour le développement de leur pays. Qui sait, plus tard, on se référera à ces nouvelles idées comme étant la sagesse malgache. »

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer