
Nadia Raonimanalina est journaliste d'investigation chez Malina, l'antenne malgache de Transparency International, et chargée de cours en journalisme dans une université privée à Antananrivo. Une femme de faits, de rigueur et de précision, en d’autres termes. Mais dès qu'un changement de température pointe le bout de son nez à Tana, c'est vers les remèdes de grand-mère qu'elle se tourne, sans hésitation. « Pourquoi saturer immédiatement notre organisme de molécules chimiques quand la nature malgache possède déjà toutes les clés pour nous guérir ? » La réponse tient en une phrase et ne souffre aucun débat. Son choix est aussi dicté par son corps — fortement allergique à la quinine et à la nivaquine, le recours immédiat aux médicaments chimiques est simplement exclu. « Mon principe, c'est d'avancer par étapes », dit-elle. Premiers signes de grippe, premier réflexe, un thé brûlant au gingembre et au miel, deux indispensables qui ne manquent jamais chez elle. Si les symptômes s'obstinent, elle passe à la vitesse supérieure avec le ron'akoho gasy sy sakamalaho ou un bouillon relevé à l'anamalaho dont les vertus piquantes réchauffent instantanément le thorax.
Pour purifier la maison et chasser les virus, c'est l'evoka, fumigation à base de kininimpotsy et de ravimboafotsy. Sa pharmacie personnelle ne ressemble pas aux autres : mandravasarotra, vahona, huile de coco, baume Fosa, menaka mahagaga de Vaniala. Les produits Homeopharma y ont leur place de choix. Quand sa fille a attrapé la varicelle, elle a refusé l'éosine classique au profit d'une infusion d'herbes locales — résultat sans traces sur la peau. L'avantage est triple selon elle, naturel, économique, sans contre-indication. Elle ne consulte que si aucune évolution n'est constatée, et de préférence un praticien sensible aux solutions douces.
Tatiana Randriamanakajasoa