Moustik Crew : Le Crew du spectacle !
10 janvier 2019 - Cultures commentaires   //   375 Views   //   N°: 108

Classée dans le Top 8 de la « Battle of the Year », la plus grande compétition internationale de breakdance et de hip hop qui s’est déroulée en novembre 2018 en France, la Cie Moustik Crew prouve une fois de plus que Madagascar a sa place au niveau international. Un avenir prometteur pour la danse hip hop locale.

Une première pour Madagascar ! Moustik Crew a été sélectionné pour représenter la Grande Ile durant la Battle of the Year à Montpellier, en France. Créée en 1990 à Hanovre (Allemagne), cette compétition réunit les meilleurs danseurs de breakdance internationaux. Pour l’année 2018, 24 pays y ont participé dont Madagascar qui est arrivé à la septième place. Moustik Crew a livré une performance qui n’a pas laissé le jury indifférent en choisissant comme thème « Madagascar » à travers un tableau représentant la jungle.

« Peu d’étrangers connaissent Madagascar sauf à travers le dessin animé. Nous avons prouvé que le pays existe vraiment et nous sommes fiers d’être arrivés septièmes dans la catégorie meilleur show du monde », lance Sandro, chorégraphe et membre de la compagnie. Malheureusement, seuls les six meilleurs groupes ont pu participer à la grande bataille finale, mais cela n’a pas découragé les Moustik Crew. Au contraire, les membres de la compagnie sont ressortis confiants et reviennent au pays avec plus de détermination à promouvoir chez nous la breakdance.

Ce style de danse né à New York dans les années 1970 – appelé aussi bboying ou bgirling -, caractérisé par des acrobaties et des danses au sol, commence à intéresser de plus en plus de jeunes à Madagascar. Depuis quelques années, des festivals comme Ambony Ambany Battle For Peace (la sixième édition est prévue pour février prochain) assurent la promotion de la danse urbaine et n’hésitent pas à faire venir des danseurs internationaux pour favoriser le partage. « A Montpellier, avant de monter sur scène, nous échangions dans les loges avec les autres danseurs internationaux. Ce qui nous a le plus marqués, c’est qu’ils reconnaissent l’excellent niveau des danseurs malgaches. Mais nous sommes conscients que nous devons encore nous améliorer au niveau des enchaînements (power move). »

Fondé en 2003 avec une pause en 2006 pour des raisons d’organisation, Moustik Crew a repris du poil de la bête en 2011. Le « crew » est né à partir d’un constat, celui de la discrimination. « A l’époque, à chaque fois qu’il y avait des battles, c’était toujours le même groupe qui était mis en avant. Nous avons donc décidé de créer notre propre crew en piochant parmi les meilleurs danseurs de chaque groupe issus de chaque région de Madagascar. Cela nous a permis d’avoir plus de chance d’être sur scène. »

Quant au nom de la compagnie, il fait référence à l’épidémie du Chinkungunya qui a sévi à Madagascar en 2003. « Ce moustique est petit mais lorsqu’il pique, ça fait mal ! » Depuis, Moustik Crew n’hésite pas à transmettre le virus du hip hop. Ils n’hésitent pas à partager leurs expériences pour que cette danse ne soit plus considérée seulement comme une expression du ghetto mais un véritable outil d’éducation pour les jeunes. « Nous travaillons avec des danseurs du groupe Ultimatum de La Réunion. Ils viennent à Madagascar pour donner des formations et à notre tour nous partageons nos expériences. » Cette année, Moustik Crew multiplie les projets. « Nous travaillons sur une création fusionnant la break dance et la danse contemporaine, que nous pensons présenter à La Réunion et en France métropolitaine. En parallèle, nous ferons des formations dans les Alliances françaises de Madagascar. » L’eusses-tu crew ?

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer