Môssieur Njo : CONTEUR PSYCHÉDÉLIQUE
13 septembre 2012 - Cultures commentaires   //   559 Views   //   N°: 32

Son recueil de fictions « Litera sy Baraingo » (Lettre et questionnements) a été réédité avec un bonus, le mystérieux « Livre Q ». Amateurs d’univers déjantés à la Philip K. Dick, de trompe-l’oeil psychédéliques, Môssieur Njo est votre homme ! 

Ton univers peut dérouter au premier abord…
Peut-être. Pourtant j’écris des histoires qui ont un début… et parfois une fin. Je me sens davantage conteur que poète, mais je comprends que certains puissent trouver ça trop philosophique. En réalité, je parle de la vie tous les jours, mais celle qui se passe dans notre tête, parce qu’il n’y a pas que les choses palpables qui ont statut de réalité. À part ça, je n’ai pas de message particulier. Je voudrais juste qu’en lisant mes histoires, le lecteur voyage dans sa tête.

Façon rêve éveillé…
Ma littérature est psychédélique : elle cherche à modifier – en mieux, j’espère ! – le niveau de conscience du lecteur. Mon personnage voyage à travers ses émotions, un peu aussi à travers le temps. Quelque part, il confond la réalité et le rêve. La frontière est mince entre les deux. Moi je m’inspire énormément de mes rêves pour écrire. Je les note pendant une année et quand je les relis, il y a une constante, une suite logique qu’on retrouve dans mes histoires.

Pourquoi le « Livre Q » ?
C’est une histoire qui se passe dans le futur : un taxi-be qui vole au-dessus de Tana et qui se crashe. L’intérêt de l’histoire c’est que le personnage se demande : suis-je mort ou vivant ? Le vrai « trip » de la mort, c’est ce qu’on doit ressentir à ce moment, mais est-ce qu’on le sait vraiment, est-ce qu’on pense encore ? J’ai un roman en cours, Popeta, écrit en malgache, où cette fois le personnage est convaincu qu’il est mort et se demande, mais pourquoi diable suis-je en enfer ? J’aime bien aborder le thème de la mort. Je pense que c’est un voyage comme un autre…

Tu te sens dans la tradition littéraire malgache ?
Absolument. Rabearivelo est un écrivain qui me touche – ses écrits bien sûr, mais surtout son suicide comme acte poétique ultime. J’aime aussi Randja Zanamihoatra, Lohataona sy Ririnina de Clarisse Ratsifandrihamanana. Du côté des auteurs étrangers, pour la folie pure, je me sens pas mal d’affinités avec l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick, l’auteur de Blade Runner.

La musique ?
Je vais en refaire, mais de façon plus intériorisée. Une musique minimaliste, un peu électro, acoustique, hypnotique, tribale, psychédélique… entre la berceuse et le chant funèbre. Je suis actuellement en studio pour mettre tout ça sur bandes. 

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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