Miarifidy Rafoloahefarivony : « La mode ce n’est pas juste des vêtements »
19 mars 2019 - Diaspora Hexagone commentaires   //   368 Views   //   N°: 110

Miarifidy Rafolomahefarivony, 29 ans, vit à Paris. Elle est styliste photo depuis plus de cinq ans, un métier qu’elle a découvert petit à petit et qu’elle adore. À côté de ça, elle poursuit ses études en doctorat, préparant une thèse sur son pays d’origine en cotutelle avec l’Université d’Antananarivo.

À l’âge de 7 ans, Miarifidy quitte Madagascar pour suivre son père expatrié en Afrique de l’Ouest, d’abord au Niger puis en Guinée. À 14 ans, elle déménage en France avec ses parents, pays où elle réside jusqu’à aujourd’hui. Après un bac arts appliqués, un BTS graphisme et enfin les Beaux-Arts de Cergy, elle décide de se lancer dans une aventure. « J’ai proposé à une amie de monter un projet de bijoux textile artisanale qui s’appelait Totem Tandem à l’époque. Et c’est en organisant les shootings de mes collections de bijoux que, de fil en aiguille, j’ai fini par devenir styliste photo. »

Le métier de styliste photo consiste à recréer un univers ou une histoire grâce à des vêtements, objets et accessoires lors d’un shooting pour représenter, valoriser et mettre en avant le produit d’une marque. Aujourd’hui, il lui arrive de travailler pour des éditos dans les magazines de mode. Son travail comprend également l’accompagnement créatif des marques, le set design, et même parfois la direction artistique.

Cependant, sa réelle passion n’est pas la mode mais la créativité et toutes les formes d’expressions artistiques et visuelles. « Parfois on oublie que la mode ce n’est pas juste des vêtements, des marques, des saisons et de la consommation ». Ses inspirations sont diverses : l’antifashion de Comme des Garçons, les déconstructions de Margiela, l’engagement de Vivienne Westwood, mais aussi des artistes malgaches tels que les oeuvres du poète Rabearivelo, les réalisations de Raymond Rajaonarivelo et les photos de l’artiste Malala Andrialavidrazana. C’est suite à une série photographique de cette dernière intitulée « Ny any aminay » qu’elle a décidé de reprendre ses études.

Elle s’est donc lancée dans une thèse qui se nomme « Esthétique de l’intime et poétique de la pudeur dans les oeuvres insulaires contemporaines » dans une démarche de « reconnexion » avec ses racines. « Maintenant j’apprends à travers cette thèse à valoriser la culture malgache ». C’est dans ce sens que sa collaboration avec la marque Tantar Antsika a été une de ses plus belles rencontres, une expérience dont elle est fière et qu’elle aimerait renouveler. « J’ai été très touché par l’histoire de la marque qui a fait résonner en moi de nombreux souvenirs et des échos de mon enfance. »

Un retour au pays ? Miarifidy l’envisage aussitôt que la vie et les conditions seront favorables. En attendant, cette année 2019, elle organise une exposition à Madagascar dans le cadre de son projet d’étude. Ce doctorat a aussi pour but de construire une école d’art à Madagascar. « Mon rêve est de permettre aux jeunes de s’épanouir artistiquement et professionnellement et c’est dans l’éducation que ça commence. »

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