memoarchives.mg : « Faire revivre des moments historiques qui, bien qu’oubliés, méritent d’être célébrés et partagés. »
4 mai 2025 // Histoire // 10778 vues // Nc : 184

Imprégné de l’Histoire dès l’enfance, Johary Razakaboana s’en est passionné. En 2024, il a créé memoarchives.mg sur Instagram où il partage des anecdotes, des récits et des faits méconnus sur la royauté malgache. Des recherches qu’il effectue en profondeur dans les livres, les « firaketana », les archives ou les anciens journaux officiels et en échangeant avec d’autres historiens. Basé à Paris, il travaille aujourd’hui également dans le domaine du droit numérique.

©photo : Johary Razakaboana

memoarchives.mg, une page qui parle d’Histoire de Madagascar ?
memoarchives.mg a été fondé dans le but de préserver et de partager la mémoire collective de notre société. L’idée derrière ce projet est d’offrir une plateforme sur laquelle les histoires, les événements marquants et les souvenirs souvent négligés peuvent être documentés et mis en valeur. L’idée de la création de la page est née de ma passion pour l’histoire et de mon constat que de nombreux Malgaches ignorent ou méconnaissent leur propre patrimoine historique. Ce projet est né d’une collaboration avec un ami cher, Mahery Razafimandimby, un brillant historien et passionné par l’Histoire de Madagascar. Il gère aussi une page Facebook, « Antimpanahy Ramahery », que je recommande vivement. Nous avons voulu créer un espace dans lequel l’histoire de Madagascar, en particulier celle de l’époque royale, serait racontée de manière engageante et accessible, loin des manuels scolaires traditionnels.

Partager des fragments peu connus de l’Histoire ?
Le nom « Mémoarchives » évoque clairement notre objectif : la mémoire et les archives. L’expression « Mamoha ela », qui signifie « réveiller le passé » ou « réveiller les souvenirs anciens », encapsule parfaitement notre intention. Nous souhaitons faire revivre des moments historiques qui, bien qu’oubliés, méritent d’être célébrés et partagés. Cette dualité entre mémoire et réveil est au cœur de notre démarche, et chaque publication vise à susciter un intérêt pour notre héritage commun. Nous voulons non seulement informer, mais aussi susciter un intérêt profond pour notre patrimoine historique, en mettant en lumière des événements, des figures et des récits souvent oubliés. Nous avons structuré la page autour de plusieurs rubriques distinctes comme « Les Figures et Portraits des Personnages Anciens », « Les Anecdotes Méconnues » et « Les Lieux Historiques ». Chacune d’elles aborde l’histoire sous un angle particulier, ce qui permet de diversifier notre contenu et de toucher un large public.

Un fait à partager avec les lecteurs ?
Une histoire qui m’a particulièrement marquée est celle du bal somptueux organisé par le général et Mme Gallieni à Ambotsirohitra en 1905. Cet événement a rassemblé des membres de la société malgache, des fonctionnaires aux notables locaux, dans une ambiance de fête et d’élégance. Bien que décrit comme une célébration joyeuse dans la presse métropolitaine, ce bal reflète aussi les tensions de l’époque coloniale. Il illustre la stratégie de cooptation des autorités françaises, cherchant à établir des relations avec les élites malgaches tout en masquant la réalité d’une domination coloniale. Cette soirée soulève des questions sur l’autonomie, la représentation et les inégalités, marquant ainsi un moment ambivalent dans l’Histoire de Madagascar.

Vous êtes passionné d’Histoire…
Mon intérêt pour l’Histoire est avant tout académique, mais il est aussi profondément personnel, car je suis originaire de Madagascar. Depuis mon enfance, j’ai été entouré d’histoires transmises par mon grand-père maternel, qui nous racontait souvent des anecdotes fascinantes sur notre histoire de famille et sur la manière dont nous, en tant que Malgaches, avons traversé les époques. Cet héritage familial m’a poussé à m’intéresser davantage à l’Histoire de Madagascar, en cherchant à comprendre ses racines et à préserver cette mémoire collective. Pour moi, ce n’est pas seulement un sujet d’étude, c’est aussi une manière de mieux comprendre notre identité, de réfléchir à notre passé et de nourrir notre avenir. Je prévois de lancer une série de posts sur d’autres régions de Madagascar et plus tard, j’envisage de créer un site web pour archiver plus de contenus et de publier un livre pour enfants qui les sensibiliserait dès leur plus jeune âge à l’Histoire de Madagascar. Je prévois également d’organiser des expositions de photos, un projet que je développe en collaboration avec Antimpanahy Ramahery, qui est une source d’inspiration pour moi. Ensemble, nous souhaitons moderniser la présentation des anciennes photographies tout en préservant leur authenticité, afin de raviver les souvenirs d’une époque passée.

Propos recueillis par Rova Andrantsileferintsoa

Intagram : memoarchives.mg

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