Manan’Ara : Bien reçu le message !
3 octobre 2017 - Cultures commentaires   //   203 Views   //   N°: 93

« Hafatra » (Message), leur premier album huit titres, sorti le 23 juillet dernier, est la preuve que le ba gasy est loin d’être « has been ». En jeans-baskets plutôt que revêtu du « malabary » le quatuor apporte à la tradition juste ce qu’il lui faut de punch et de vitalité pour mettre tout le monde d’accord, les Anciens comme les Modernes.

« La musique malgache se perd. C’est triste, mais nous sommes formatés par les modèles occidentaux. Nous, tout ce qu’on veut, c’est remettre le ba gasy au goût du jour », explique Tiana, chanteur et guitariste du quatuor Manan’Ara, constitué en outre de Tamanana, Zakakely et Rado. Le ba gasy est ce style traditionnel propre aux Malgaches des hauts plateaux. Reposant sur un jeu de guitare qui n’est pas sans rappeler les techniques de la valiha, et rythmé par les sons de l’aponga (tambour) et de la sodina (flûte), il a été popularisé dans les années 1940 par des artistes comme Paul Ratianarivo, Razilinah Randrianarivelo ou Rasamy Gitara.

Mais le genre a malheureusement été relégué aux oubliettes par la jeune génération, plus attentive au bling-bling qui lui vient de l’extérieur qu’à ce que les artistes locaux sont capables de créer sous leurs yeux ! Enfin ça c’était avant, car depuis Manan’Ara est arrivé et le ba gasy a comme qui dirait pris un sacré coup de jeune! Formé en juin 2016, le groupe fait allégeance au ba gasy le plus old school à travers des titres comme Ragasy (Malgaches) ou Ry tanora (Chers jeunes), tout en revendiquant sa modernité et sa spécificité. « Nous faisons du bà gasy du XXIe siècle. Ce qui nous différencie, c’est notre façon de traiter les sujets même quand on aborde des thèmes aussi ba gasy que le patriotisme, l’éducation, et l’amour, mais aussi de n’utiliser que des guitares. »

Pour s’imposer dans un paysage musical saturé de sons électro et autotunés à souhait, Manan’Ara mise sur le talent de ses guitaristes, mais aussi sur un look complètement dans le vent. Exit le malabary et le lamba (tissus) traditionnels, place aux jeans et aux baskets ! « Se faire un nom dans la musique n’est pas facile, surtout quand on fait du ba gasy. On se refuse à faire du matraquage médiatique. On mise d’abord sur notre originalité pour sortir du lot et toucher les jeunes de notre génération », souligne Tamanana.

En tout cas, pari réussi pour Manan’Ara qui a rameuté la foule à l’occasion de l’avant-première du Festival de musique Riban-kiran’ny Merina qui s’est tenu le 23 juillet dernier. À cette occasion, ils ont partagé la scène avec les plus grands noms du ba gasy, comme Ramilison Besigara, R’Imbosa ou Kolibera. Fort du succès de cette avant-première, le groupe prépare la première édition du Festival Riban-kiran’ny Merina qui est programmé pour 2018.

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