Mampiray Solofoniaina : « J’avance au feeling »
16 mars 2018 - By night commentaires   //   376 Views   //   N°: 98

Depuis janvier, « Fili’In », lieu de rendez-vous bien connu des noctambules, a changé aussi bien de décor que de gérant. Mampiray Solofoniaina y réunit désormais ses deux passions : le monde de la nuit et les artistes méconnus qui ont, comme lui, la tripe musicale dans le ventre.

Pourquoi l’aventure Fili’In ?
C’est un lounge bar qui a existé depuis dix ans à Ampefiloha. J’étais un habitué puisque j’habite le quartier. Quand Fili’In a déménagé à Antsakaviro en 2014, il a été tout naturel pour moi de leur proposer une animation culturelle tous les week-ends. Et c’est ce qui m’a amené à gérer cet endroit aujourd’hui. Je suis un grand passionné du monde de la nuit, mais c’est normal lorsqu’on a grandi dans un quartier où l’on peut se défouler à chaque coin de rue. Quand on parle de bars, les gens ont tout de suite des préjugés, pourtant les profondes réflexions et les rencontres intéressantes se font la nuit. Les apéritifs ne sont qu’un extra (rires). Aujourd’hui, j’ai la chance de travailler dans un endroit où je peux proposer des artistes qui ne sont pas matraqués par les médias.

Une musique qui sort des sentiers battus ?
Tout à fait ! J’ai aménagé la terrasse du Fili’In pour accueillir des artistes qui n’ont aucune plate-forme pour s’exprimer. Les artistes, ce n’est pas seulement ceux qui passent à la télé.

Il y a aussi Mamina avec ses sets de guitare, Isanjy et son côté rock, Fidy et sa voix atypique ou encore Vahatsaina et ses compositions. Bien d’autres qui sont méconnus du grand public malgache mais ont leur place dans le paysage artistique. C’est dommage que de grands artistes comme Alala se fassent seulement connaître à l’étranger. Pour mener à bien ma mission de promoteur culturel, je travaille avec la radio en ligne Indie261. Elle me fournit une playlist, toujours dans cet esprit de promouvoir les talents marginaux et méconnus.

Quel souvenir gardes-tu des sirènes du phare d’Alexandrie ?
(Rires) J’ai fait effectivement mon Master en gestion des industries culturelles à Alexandrie, en Égypte. J’y ai découvert un monde nocturne très différent de celui de Tana où l’on est libre de faire tout ce qu’on veut. Ici, c’est un pays arabe, du coup si on veut boire, on doit aller dans les shops et trinquer dans des endroits clos. On était une bande d’amis très cosmopolites et on organisait nos soirées par pays d’origine. Un coup chez les Burkinabés , ensuite chez les Ivoiriens, les Togolais et ainsi de suite. On a créé par la suite un groupe nommé « Les hommes de la nuit » qui organisait des soirées africaines dans les pubs. On façonnait nous même les soirées auxquelles on voulait assister. Les Égyptiens étaient fans car à part les centres culturels, il n’y a pas trop d’endroits où se défouler à Alexandrie.

Des projets en vue ?
Je viens de créer ma propre boîte Ray Events Creators. Je compte organiser des événements culturels dans tout Tana et au-delà. Et toujours en soirée. Noctambule aguerri, j’y suis, j’y reste.

Propos recueillis par #PriscaRananjarison

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