Malha : « Trop d’archaïsme tue la création »
21 juin 2017 - Comores Diaspora commentaires   //   448 Views   //   N°: 89

Malha est l’une des grandes voix de la nouvelle chanson comorienne. Une chanson abreuvée aux sources de la tradition, mais qui entend bien la dépasser dans ses archaïsmes les plus manifestes. D’être devenue l’ambassadrice du Groupe Telma Comores n’a fait que renforcer chez elle l’envie de faire bouger les choses.

A 23 ans, la « Queen Voice’s » comme on la surnomme – Malihat Mohamed de son vrai nom – est sans aucune doute la diva de la chanson comorienne. Une voie qu’elle se devait tout naturellement de suivre. « Ma mère est une interprète connue. J’ai donc grandi dans une ambiance propice à la musique, puisque tous les membres de ma famille ou presque sont des artistes. » A 15 ans, Malha commence à écrire ses premières chansons et se produit dans les écoles en reprenant les titres de grands chanteurs comoriens, Salim Ali Amir, Maanlesh, ses grands références, ainsi que des artistes étrangers.

Après un court intermède consacré à des études en communication et marketing à Kampala, en Ouganda, elle regagne les Comores et commence à chanter dans les grands hôtels et les cabarets de Moroni. Elle a déjà ses fans, conquis par la puissance de sa voix, l’intelligence de ses textes et surtout sa grande humilité face aux dons qu’elle a reçus. Une artiste hors-normes que ne pouvait pas manquer le groupe Telma Comores pour qui elle va composer un thème publicitaire, devenu un tube dans tout l’archipel.

Artiste engagée, sensible à la cause des femmes, Malha reconnaît qu’être chanteuse aux Comores demeure un « vrai défi ». « Il faut avoir les reins solides pour encaisser toutes ces critiques de gens qui portent ces regards tellement négatifs sur les artistes féminins. La tradition et les archaïsmes religieux continuent à peser sur les mentalités aux Comores et empêchent la libre expression. Mais nous sommes là pour faire bouger les choses ! »

C’est ainsi qu’avec d’autres amis, elle a mis sur pied une structure artistique très originale, Kazana (aller de l’avant), une ONG qui œuvre pour la professionnalisation des artistes comoriens et le « live » sur scène. Dans la foulée est lancé Festi-live, un festival annuel où des formations et des activités sont proposées au public, comme le Salon national de la musique ou encore divers concours destinés à repérer les jeunes talents.

Jusqu’à présent Malha n’a signé que des singles, mais elle travaille sur un premier album qu’elle espère boucler dans les prochains mois. Un EP devrait aussi sortir cette année. Du fait de ses origines malgaches, sa mère est originaire de Mahajanga, elle compte également nouer des relations plus serrées avec les artistes de la Grande Île. Une fraternité inter-îles d’artistes libres. Un beau programme.

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