Maheriniaina Ranaivoson : Il continue son cirque
4 juillet 2018 - Cultures commentaires   //   180 Views   //   N°: 102

Corde lisse, acrobatie, jonglage ou tissu aérien. Autant de disciplines qui n’ont plus aucun secret pour Maheriniaina Ranaivoson. Avec plus de 20 ans d’expériences à son actif, ce génie du cirque a travaillé avec les plus grands et sillonné les quatre coins du globe.

Depuis le 27 juillet dernier, Maheriniaina Ranaivoson est en tournée dans le Sud de la France avec la compagnie GdRA (Groupe de recherches artistiques) pour présenter Lenga. Le temps de ce spectacle, Maheriniaina a délaissé les acrobaties aériennes au profit de la danse et du chant pour raconter dans sa langue maternelle sa vie de jeune issus d’un milieu défavorisé, son ascension dans l’univers du cirque et le décès de sa mère qui l’a beaucoup marqué. « C’est un récit en malgache ponctué d’extraits vidéos dans lequel je retrace mon parcours à travers la danse et le chant. J’y rends hommage à ma mère en faisant aussi connaître la culture malgache car j’y raconte son famadihana (exhumation des morts) qui fait partie de nos traditions et que ma famille et moi avons réalisé peu de temps avant que je ne joue dans Lenga. »

Lancée en 2016, cette pièce orchestrée par Christophe Ruhles et Julien Cassier, cofondateurs de lacompagnie GdRA, a permis à l’acrobate de se produire notamment en France, en Suisse et à Madagascar. Mais avant de côtoyer des salles de spectacles comme La Renaissance de Mondeville ou le Théâtre Vidy-Lausanne, Maheriniaina a connu la misère dans les bas quartiers d’Anosy Be. « J’ai commencé les acrobaties quand j’avais 8 ans. Je m’entraînais sur les meules de foins pour ensuite défier d’autres acrobates et me faire de l’argent grâce aux paris. C’était pour me payer à manger. »

Cette période aura duré de nombreuses années, jusqu’à ses 16 ans où une dénicheuse de talent de la compagnie Aléa des Possibles qui gère depuis 2006 Chapito Metisy, une école de cirque social, le prend sous son aile. « Virginie Lavenant, fondatrice de l’Aléa des Possibles, m’a intégré dans sa compagnie où j’ai été initié au jonglage, à la corde lisse et au tissu aérien. »

Dès lors, les opportunités se sont bousculées à la porte du circassien qui compte aussi parmi ses mentors Gaby Saranouffi, danseuse contemporaine malgache de renom et directrice du festival international de danse contemporaine I’Trotra. « Gaby m’a demandé de faire partie de la compagnie Vahinala. Elle m’a appris les bases de la danse contemporaine et m’a permis d’exploiter tout mon potentiel en mixant la danse et les acrobaties lors de ma prestation au festival Tempo de la Réunion en 2010. »

Maheriniana est plus que reconnaissant envers sa bonne étoile. « Le cirque c’est une bénédiction. Ça m’a sauvé la vie. A défaut d’avoir poursuivie de grandes études, le cirque a été mon école. Cela m’a forgé physiquement, mentalement et spirituellement. » Avant de se concentrer sur de nouveaux projets, l’acrobate se concentre sur la tournée Lenga qui se poursuivra avec la compagnie GdRA jusqu’en février 2019 à travers toute la France.

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