Madame Zo: MATIÈRES À CRÉER
1 juillet 2013 - Déco commentaires   //   1352 Views   //   N°: 42

Feuilles de bambou, paille de riz, bandes magnétiques… tout chez elle est matière à création. Adepte de l’art textile, Madame Zo tisse depuis vingt ans d’étranges correspondances entre la déco la plus design et l’art contemporain.

Sa dernière exposition, Matières choisies, en mai dernier à l’Institut français de Madagascar (IFM), était accompagnée d’un film documentaire consacré à son travail : Madame Zo – Matières sans titre de Manohiray Randriamananjo « Manran ». C’est dire la haute estime dans laquelle Zoarinivo Razakaratrimo, son nom à l’état civil, est tenue dans les milieux de l’art malgaches. Personnage atypique autant qu’attachant, elle a également marqué les esprits par son exposition itinérante qui l’a conduite (en bus !) de Tana à Antsirabe, en février dernier.

 

« Je m’arrêtais sur la route et il y avait toujours quelqu’un pour monter et s’intéresser à mes tissages. Des paysans, des artisans… des manuels, comme moi ! Sur un marché aux légumes, je leur ai montré qu’on pouvait utiliser les poireaux autrement que pour s’alimenter… » ​

Se présentant comme artiste tisserande, Madame Zo ne se limite pas au tissage des fibres textiles. Matières végétales, animales, minérales, « tout est bon à prendre », estime-t-elle, même les vieilles cartes téléphones, les stylos ou les chambres à air qu’elle intègre à la soie ou au coton ! « Tout est récupérable. C’est uniquement par manque d’imagination qu’on jette les objets dont on ne se sert plus. 

 

Moi quand je ramasse des vieux clous ou des bouts de plastiques, je peux me creuser la tête pendant des mois pour leur trouver une nouvelle vie, et ça finit par le faire ! » Ainsi de ces étonnants « tapis de galets » dont le nom seul est un raccourci saisissant, et combien poétique, de son travail. Pour sa dernière exposition à l’IFM, le public a pu voir comment elle a intégré des bandes magnétiques à ses créations.

« L’IFM m’a fourni de vieilles cassettes destinées à la poubelle. Les bandes magnétiques s’intègrent à n’importe quels matériaux, un peu comme du ruban, et avec les boîtes j’ai pu faire un fauteuil ». Artiste écologique et toujours un peu surréaliste, telle sa façon de tisser le lien avec ses contemporains.

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