L’oragé
3 décembre 2015 - Cultures Livre du mois commentaires   //   1028 Views   //   N°: 71

L’oragé, par Douna Loup 

« Je suis née dix ans avant toi, Rabe, mais je n’ai de souvenir que sous la Colonie. Et finalement c’est étrange, je me dis souvent que ce n’est rien cette sur-couche… cette présence banale des colons dans la ville. J’ai grandi avec, en me demandant au-dedans quelles étaient leurs places ici. J’ai voyagé ensuite, ailleurs, j’ai vu les visages de nos villages sans vazaha, sans bureau. Ça m’a aidée je crois. Aidée de nous voir nous, nous seuls. » Antanarivo, 1920. Rabe, orphelin d’une famille princière déchue, gagne de petites sommes en travaillant la dentelle. Il est feuilletoniste à l’occasion. À presque vingt ans, il rencontre Esther, poétesse de dix ans son aînée. Ils forment alors un pacte : veiller sur l’oeuvre de l’autre. Ce roman s’inspire de deux figures majeures de la littérature malgache, Jean-Joseph Rabearivelo et Esther Razanadrasoa, dite Anja-Z. 

L’écriture de Douna Loup recrée les audaces et les richesses nées du va-et-vient d’une langue à l’autre, du français imposé à la poésie hova. D’enthousiasmes en créations, Rabe, Esther et leurs amours successifs nous interrogent sur la liberté des sentiments, la liberté d’expression, la liberté absolument. Douna Loup a reçu en novembre dernier le prix Virilio 2015 pour L’oragé.

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer