Limitless : Pour du rock, c’est limite !
22 mai 2018 - Cultures commentaires   //   434 Views   //   N°: 100

Ils forment à eux cinq une entité musicale qui se veut proprement sans limites dans les sonorités qu’elle explore. Sur une base glam rock et heavy metal, le groupe n’hésite pas à intégrer des éléments aussi hétéroclites que le classique, le jazz, voire le salegy. Vraiment sans limites ces garçons !

Jaykee à la guitare, Titan à la batterie, Tsila à la basse, Tantely au clavier, Angelo au chant, ils sont cinq comme les premiers Beatles (qui se souvient de Stuart Sutcliffe, membre éphémère en 1960 et 1961 ?), même si la ressemblance avec les « fab four » s’arrête là. Car les Limitless ne font pas trop dans le rock’roll héroïque à la Chuck Berry. Question de génération. Eux sont plutôt dans le glam rock des Seventies façon Bowie ou Alice Cooper, voire carrément dans le heavy metal à la Black Sabbath et tous les cinglés du riff qui en sont issus. « Plusieurs d’entre nous ont un certain goût pour le hard rock à l’ancienne » reconnaît Jaykee. « Mais la musique se construit au feeling, et des fois le feeling nous amène à intégrer des trucs très improbables, parfois plus clairs, parfois plus hargneux. »

Un titre comme « Toe-tsaina mangeja » (Esprit fort) exprime bien ce mélange de heavy metal traditionnel, duo basse/batterie boosté à la double grosse caisse, et de modernité au niveau du chant avec alternance de voix claire et agressive. Un truc qui raconte l’environnement pénible du quotidien, l’aliénation des masses pour parler comme dans le Capital !

Fondé en 2015 par Jaykee et Titan, deux amis de longue date ayant écumé pas mal de groupes par le passé, Limitless entend ne pas se cantonner à la simple virtuosité des jeux de guitare, exercice d’autant plus vain que tout est de plus en plus bidonné par le travail de studio, mais bien plutôt abolir les barrières de genre. D’où ces intrusions dans le salegy, le classique voire le jazz, sans pourtant faire de Limitless, je vous rassure, un de ces horribles machins fusion pour quadra fumeurs d’herbe qui font chier tout le monde !

Ca reste du bon rock, toujours bien balancé et bien pulsionnel, et il n’y a qu’à voir comment ça bouge dans le public quand ils sont sur scène, comme le 3 juillet 2016 avec le groupe Rheg, pour mesurer la grande efficacité scénique de ce quintet électrique. Si l’album n’est pas pour tout de suite, sept titres sont déjà prêts et d’autres devraient bientôt succéder à « Toe-tsaina mangeja » diffusé sur leurs réseaux sociaux et leur soundcloud.

Les jeunes musicos admettent qu’imposer le rock à Mada au milieu des guignols, des faux punks en chaleur et autres pantins de studios, reste un vrai défi : « Ceux qui veulent sortir le rock de l’underground sont rares et ceux qui auraient vraiment les moyens de le soutenir n’en ont pas grand-chose à foutre. » Voilà qui est bien résumé. Ils ne désespèrent pas pour autant frapper un grand coup en octobre 2018. Vous voilà tous prévenus !

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