L’Espagne à Mada : « Des échanges commerciaux très lucratifs »
8 octobre 2018 - Éco commentaires   //   283 Views   //   N°: 105

Même durant la période relativement froide (2009-2014) entre l’Union européenne et Madagascar, les relations économiques bilatérales entre l’Espagne et Madagascar n’ont jamais été suspendues. L’ambassadeur Carlos Enrique Fernandez-Arias Minuesa, en poste depuis 2017, partage sa volonté de renforcer la coopération.

Carlos Enrique Fernandez-Arias Minuesa
Ambassadeur de l’Espagne

Comment se portent les relations commerciales entre les deux pays ?
Madagascar est le sixième partenaire commercial de l’Espagne en Afrique subsaharienne. Les échanges commerciaux sont très lucratifs. Les exportations de Madagascar vers l’Espagne représentent près de 280 milliards d’ariary en 2017. La confection de vêtements exportés a représenté près de 35 % des exportations. Il y a aussi l’exportation de nickel (27 %) et de poisson congelé et transformé (20 %). Par ailleurs, les importations en provenance d’Espagne ont atteint les 164 milliards d’ariary en 2017. Les principaux produits importés sont : le poisson congelé représentant 27 % des importations, les préparations alimentaires (9 %), les revêtements en céramique (4,5 %), les articles de plomberie (3,6 %), l’acier (3 %) et l’équipement d’élevage (2 %).

L’Espagne investit dans la pêche à Madagascar. Pourquoi ce secteur ?
En 2015, Madagascar a signé un accord de pêche avec l’Union européenne permettant aux navires européens ─ y compris espagnols ─

y compris espagnols ─ de développer leur activité de pêche dans des zones de pêche malgaches. Un accord qui profite aussi bien aux opérateurs espagnols que malgaches. En effet, à Diego-Suarez (Nord), les navires espagnols fournissent des poissons aux entreprises malgaches pour qu’elles fassent une première transformation. Cela génère donc des emplois et permet le développement économique et social de la zone concernée. Par ailleurs, l’Espagne lutte contre la piraterie maritime à Madagascar.

En ce qui concerne le tourisme ?
Le tourisme à Madagascar est identifié comme un secteur stratégique avec un grand potentiel de développement. Avec sa réserve naturelle et ses stations balnéaires, Madagascar peut développer son industrie touristique. D’ailleurs, des groupes d’investisseurs espagnols projettent d’investir dans le tourisme à Madagascar. Afin de contribuer dans le développement du secteur touristique, il y a un accord entre l’Espagne et le ministère du Tourisme, des Transports et de la Météorologie signé en 2015 dans le domaine du transport et de l’infrastructure ferroviaire. Cet accord vise à mettre en place de nouvelles infrastructures ferroviaires.

Qu’en-est-il de l’assistance humanitaire ?
L’Espagne entretient des relations diplomatiques avec Madagascar depuis mars 1966. Conformément à ses engagements, l’Espagne investit dans l’humanitaire. En 2014, l´Espagne a financé à hauteur de 2 milliards d’ariary dans un projet mis en place par la Fédération internationale de la Croix-Rouge afin de renforcer la sécurité alimentaire dans la région Anosy (Sud-Est). Le kere (famine) est malheureusement un fléau qui sévit là-bas. Sur cette lancée, l’Espagne a aussi investi 57,16 milliards d’ariary dans le Programme de formation professionnelle et d’amélioration de la productivité agricole dans cette zone. Ce programme a pour but de renforcer les capacités des jeunes ruraux pour améliorer leur productivité et la commercialisation de leurs produits agricoles. Ce financement accordé en 2012 s’étale sur 40 ans.

Qu’est-ce qui attire le plus l’Espagne sur le long terme ?
Nous misons beaucoup sur les énergies renouvelables. À Madagascar, nos experts soulignent que les conditions sont favorables pour le développement des énergies solaire et éolienne, du biocarburant et même de l’énergie hydroélectrique. En ce sens, la coopération entre les deux pays dans le domaine des énergies renouvelables peut générer de nombreuses opportunités économiques. En effet, il existe de nombreuses entreprises espagnoles d’énergie renouvelable installées en Afrique subsaharienne et plusieurs d’entre elles étudient déjà les opérations à faire à Madagascar. Pourquoi ne pas tirer profit de l’expérience espagnole sur le mix énergétique ? En 2014, l’Espagne a été le deuxième pays d’Europe en matière de production d’énergie éolienne, le quatrième en termes de puissance installée, le cinquième en matière d’énergie solaire photovoltaïque.

Comment se portent les relations culturelles entre les deux pays?
Elles sont à leur sommet, en grande partie grâce à l´intérêt croissant pour la langue espagnole dans l´île. L´enseignement de la langue de Cervantès à Madagascar a commencé en 1908 au Lycée Gallieni et aujourd´hui il y a environ une quarantaine d’établissements qui enseignent l’espagnol. A l’Université, il y a même un département consacré à l’espagnol.

Existe-t-il une parenté culturelle?
Malgré l’absence d’études, on peut considérer qu’il existe des éléments de similitude entre le rythme de la musique malgache et celui du fandango, l´un des genres les plus importants du flamenco. Concernant le domaine gastronomique, la paella valencienne, l´un des plats espagnols les plus réputés dans le monde, présente des similitudes avec le riz safrané malgache. La soixantaine d’espagnols qui vivent à Madagascar ne peuvent que s’en réjouir.

L’Espagne s’investit dans le domaine artistique et culturel à Madagascar, parlez-nous en…
Pendant les six dernières années, l’ambassade d´Espagne à Pretoria et le Consulat honoraire d´Espagne à Madagascar ont travaillé main dans la main pour rapprocher les cultures malgache et espagnole en organisant plusieurs activités. La Semaine du flamenco a ainsi ét lancée pour la première fois en 2017 et a tenu sa deuxième édition le mois de juin dernier avec des ateliers de guitare, des spectacles et des conférences sur le chant et la danse flamenco. Nous soutenons aussi des associations comme l’Association Madagascar Mozarteum, œuvrant pour la promotion de la culture classique et les compagnies locales de danse contemporaine (compagnie Lovatiana et Rary, etc.). Le développement d’un pays passe avant tout par un appui à sa culture.

Propos recueillis par #PriscaRananjarison

Cinéma
Festival du cinéma espagnol

Le festival du cinéma espagnol tiendra sa 3e édition en octobre prochain. Organisé par le consulat honoraire de l’Espagne, soutenu par l’Ambassade d’Espagne à Pretoria, ce festival investira les centres culturels, les écoles et les lycées publics et privés de la capitale. Le festival s’attache à promouvoir le cinéma hispanique à Madagascar. Un cinéma qui a de nombreux palmarès à son actif. Parmi les pionniers, Luis Buñuel avec son film Viridiana. L’auteur y aborde des maux de la société comme l’hypocrisie de l’église, la suffisance des bourgeois, le fétichisme sexuel, la bestialité populaire ou encore l’inceste.

Le film fait scandale mais remporte quand même la palme d’or lors du festival de Cannes en 1961. « Luis Buñuel est une figure marquante du cinéma espagnol. Il sait mélanger costumbrisme (description des us et coutumes) et surréalisme avec une direction artistique très moderne et singulière », confie un des responsables du Festival Javier Mantecon. Sur les traces de Luis Buñuel, des talents ont émergé comme Garci, Trueba, Almodóvar et Amenábar et ont reçu les prix des Oscars. L’Espagne abrite aujourd’hui des événements internationaux comme le Festival International de Cinéma de San Sebastian, la Semaine Internationale du Cinéma de Valladolid ou encore le Sitges – Festival International du Film Fantastique de la Catalogne. L’Espagne est le quatrième pays exportateur de formats télévisuels au niveau mondial.

Cuisine
La paella, un plat universel

Difficile de parler de l’Espagne sans mentionner la paella (prononcer paéya), un plat emblématique qui fait la renommée du pays dans le monde entier. Né dans les zones rurales de Valence entre le XVe et le XVIe siècle, ce plat était à l’origine un mélange de tomates, de riz rond, d’haricots verts, de poivrons, d’artichauts, de poulet, de lapin et de canard. On y ajoute également du safran pour donner la couleur jaune au riz.

Le tout est ensuite cuit au feu de bois et servi avec du citron. En Espagne, la paella, qui tire son nom de la poêle à frire dans laquelle elle est cuite, se cuisine généralement les dimanches ou les jours de fêtes religieuses. A l’heure actuelle, il n’existe plus de recette précise pour cuisiner ce plat car chacun y ajoute les ingrédients qu’il préfère. Dans la paella valencienne, il arrive que les agriculteurs utilisent des escargots des champs. Pour la paella aux fruits de mers, les pêcheurs font en fonction de ce qu’ils ont récolté durant leur journée de pêche. Cela peut très bien être des écrevisses, des crabes, des homards ou encore des crevettes. De quoi nous donner faim !

Fashion
Glamour la robe Flamenco

Le flamenco est à la fois une musique, une danse et un chant de l’Andalousie, province de l’Espagne. Sans surprise, une robe y est aussi associée. Appellée traje de flamenca ou traje de sevillana (robe sévillane), la robe flamenco andalouse est le symbole de la féminité et du glamour espagnol. Elle est cintrée sur la taille et fluide sur le bas. La robe flamenco est longue jusqu’à la cheville et parée de volants sur les manches et sur la jupe. Elle est voyante, parfois rouge, blanche ou à motifs gros pois. Elle est parfaite pour les femmes qui s’affirment.

Pour une tenue complète, optez pour le mantón de manila, une sorte de châle à franges en satin ou en soie. La femme andalouse est coquette dans la robe flamenco avec ses grosses boucles d’oreilles, ses bracelets et ses colliers. Dans ses cheveux, elle arbore une peineta, un peigne en guise de décor pour son chignon. Vers le milieu du XIXe siècle, ce sont les gitanes qui ont commencé à la porter. Depuis 1929, c’est devenu une tenue emblématique nationale. On la met lors des prestations de flamenco, bien sûr, mais aussi lors des fêtes estivales, des pèlerinages, des fêtes religieuses, etc. Grâce à la sensualité traditionnelle et moderne qu’elle dégage, des grands créateurs de mode comme Yves Saint-Laurent s’en sont inspirés pour créer leur collection.

Tradition
La Tomatina, gros rouge qui tache

Des tomates, en veux-tu ? En voilà ! Rendez-vous dans la ville espagnole de Buῆol, à Valence, où se déroule la Tomatina, une fête célébrée chaque dernier mercredi du mois d’août.

Durant cette célébration, des milliers de personnes venant des quatre coins du monde se retrouvent à Buῆol pour participer à la plus grande bataille de tomates au monde. Cette tradition espagnole a vu le jour en 1945 lorsqu’une dispute qui a fini en lancer de tomates à éclater entre des jeunes lors d’un « défilé de géants » organisé dans cette ville de Valence. L’année qui a suivi, ces mêmes jeunes ont réitéré la bataille de tomates lors du défilé. Après avoir été interdite en 1950 par les autorités locales, la Tomatina fut de nouveau autorisée en 1957 lorsque les habitants ont fait défiler un cortège funèbre contenant une tomate dans les rues de la ville pour protester contre cette interdiction. Aujourd’hui, les organisateurs de la Tomatina ont limité le nombre de participants à 22 000. Chaque année, le coup d’envoi de la bataille est donné à onze heures et elle ne dure qu’une heure. Plus de 160 tonnes de tomates sont mises à disposition des participants qui doivent payer 10 euros pour entrer dans l’arène. Pour les habitants de la ville, la participation est gratuite.

Pages réalisées par #MioraRandriamboavonjy et #PriscaRananjarison

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