Les frères Andriantsitohaina : Ils ont trouvé leur haltère-ego
5 juillet 2019 - Loisirs commentaires   //   753 Views   //   N°: 114

Ils ne sont pas très grands mais ils sont champions d’Afrique en haltérophilie. Ce sont les frères Andriantsitohaina. Ils sont chef de file de l’équipe nationale malgache d’haltérophilie qui participera aux Jeux des îles de l’océan Indien du 19 au 28 juillet à Maurice.

Tojonirina (à g.) et Herman Andriantsitohaina.

Pour les frères Andriantsitohaina, les muscles ne sont pas pour la frime. Ce sont leur outil de travail. Eric Herman Andriantsitohaina, 28 ans, et Tojonirina Andriantsitohaina, 24 ans, sont à la tête de l’équipe malgache composée de 18 haltérophiles qui ira au Jeux des îles de l’océan Indien du 19 au 28 juillet à Maurice. « Le niveau des athlètes malgaches a beaucoup augmenté ces cinq dernières années. Les épreuves de notre championnat national sont plus dures que celles des Jeux des îles. On a toutes les chances de remporter des médailles d’or à Maurice. » Et ce sont des haltérophiles de haut niveau qui parlent ! Ils sont champions d’Afrique depuis quatre ans.

Descendants d’un père haltérophile, les frères Andriantsitohaina ont cette discipline dans le sang. À eux deux, ils ont remporté 22 médailles d’or dans les championnats internationaux. « Si on en est arrivés là c’est grâce à tous nos sacrifices personnels pour l’amour de l’haltérophilie. J’ai même arrêté mes études pendant deux ans pour participer à des championnats », avoue Eric Herman. Pour eux, l’haltérophilie est une passion cultivée très tôt. Ils se souviennent encore de l’époque où ils s’entraînaient à soulever un balai. « On a commencé à huit et douze ans. Notre père, notre idole, nous a appris les ficelles du métier. C’est comme un instrument de musique, plus on le pratique, plus on le maîtrise au fil des années », explique Tojonirina.

Pour les frères, le mental l’emporte sur le physique. Selon eux, toutes les émotions se mélangent lorsqu’ils soulèvent une charge. « À ce moment-là, on souffre, on est heureux, on est calme et on se dit qu’on est un guerrier. Puis, quand vient le moment où on réussit à soulever le poids, on est en extase ! C’est comme le ressenti d’un footballeur lorsqu’il arrive à marquer un but », ajoute Tojonirina. Ils sont toujours à chercher comment élever leur niveau. Tojonirina joue, par exemple, dans la catégorie des moins de 67 kilos et peut soulever jusqu’à un poids de 235 kilos. « Je veux aller au-delà de ce record. C’est ça aussi être haltérophile. On se sent faible si on n’arrive pas à toujours mieux faire », dit-il.

Les deux frères ont à peu près le même rythme quotidien. Ils étudient en Master 2 en gestion, finance et comptabilité à l’Imgam. Ils passent la moitié de leur temps à s’entraîner dans un club où ils travaillent également en tant que coachs. À l’approche des Jeux des îles, ils doublent leurs heures d’entraînement et suivent un régime alimentaire spécifique. « Tojonirina doit perdre du poids. Quant à moi, je dois en gagner. Je prends tous les aliments qui peuvent augmenter mes muscles et diminuer ma masse graisseuse », confie Eric Herman. Niveau palmarès, les deux frères ont réussi à représenter Madagascar aux Championnats d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, etc. Conscients que la carrière d’un athlète s’arrête à 35 ans, ils projettent d’ouvrir leur propre club d’haltérophilie. Histoire de continuer à nourrir leur passion.

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