L’Aléa des Possibles, c’est quoi ce cirque ?
9 octobre 2019 - Cultures commentaires   //   252 Views   //   N°: 117

Des clowns et des acrobates pour les gamins de Tana, et bientôt pour ceux de la brousse ? Oui, mais sous un vrai chapiteau de cirque comme on n’en voit qu’au cinéma ! C’est tout le pari de la troupe L’Aléa des Possibles qui dispose désormais d’une scène mobile pour porter le rêve partout.

Il est arrivé en juin dernier par bateau depuis les côtes bretonnes. Oui, un chapiteau de cirque à ciel ouvert comme on en voit (à la TV) chez les Pinder, les Bouglione, les Zavatta, avec des clowns, des jongleurs et des acrobates ! Sauf que celui-ci, animé par L’Aléa des Possibles, promeut un art circassien de proximité plus en phase avec les arts de la rue et l’éducation populaire.

De quoi mettre des étoiles dans les yeux des marmots de la capitale qui le voient se dresser, majestueux, à Imaintsoanala Ambohitrombihavana PK 13 RN2. À l’initiative de cette acquisition – la première du genre à Madagascar – une belle histoire de solidarité entre le Cirque Baroque, qui se produit en France et qui était prêt à céder son chapiteau pour 4 000 euros, et l’Aléa des Possibles qui est parvenu à l’acquérir grâce à un mode de financement participatif (crowdfunding) faisant appel à la générosité de tous. Et ici intervient un troisième protagoniste en la personne de l’association nantaise Hetsika (accueil, arts et culture de Madagascar) qui mit le chapiteau sur un ferry pour l’acheminer gracieusement des côtes bretonnes au port de Mahajanga via les Comores, un voyage qui durera deux mois ! En plus du chapiteau à ciel ouvert, l’Aléa des Possibles a pu disposer de tout un tas de matériels indispensables à l’art circassien : un grand trampoline, des tapis et matelas de réception, des balles et massues de jonglage, mais aussi confie Virginie Lavenant, la fondatrice et directrice de la troupe, « un Ford Transit ayant appartenu à l’illustrissime magi-comique des trottoirs parisiens, Monsieur Riquet », sans parler de dons d’instruments de musiques, de maquillage de cirque et autres accessoires. Maintenant, que faire avec un tel trésor ? « Le chapiteau nous permet d’avoir plus d’autonomie et de mobilité. On espère circuler à travers toute l’île et amener le cirque en brousse, atteindre de nouveaux publics », explique Virginie Lavenant. Pour les amoureux du cirque, inutile de rappeler tout le travail artistique et social accompli par l’Aléa des Possibles, association créée en 2004 en France et qui a ouvert la première école de cirque, le « Chapitô Métisy », en 2009 à Antananarivo. « Le Chapitô Métisy permet également l’accueil d’artistes internationaux qui viennent échanger des pratiques artistiques ou créer des spectacles avec notre équipe locale », précise Virginie Lavenant.

Et c’est précisément pour étrenner le nouveau chapiteau que la troupe accueille actuellement en résidence l’artiste congolais Karel Kouelany, primé à la Rencontre internationale de l’art contemporain (Riac) à Brazzaville et qui vient pendant trois mois se former aux arts du cirque. Avec la troupe malgache, il prépare le spectacle « Zoma Baraque » qui sera joué au « Chapitô Métisy », le 23 août à partir de 14 heures. En septembre, d’autres artistes lui succèderont comme Marie Mercadal du cirque Oblik et Anaïs du cirque Babel. « Ce chapiteau est la première pièce d’un grand projet qui alliera les acteurs culturels à la population locale, pour développer ensemble des projets innovants et solidaires, comme la création d’une école itinérante et des tournées dans l’île. C’est l’avantage d’une scène mobile, on peut porter le rêve partout », fait valoir Virginie Lavenant. De beaux spectacles en vue et une jolie leçon de solidarité. Alors tous en piste !

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