La Suisse à Mada : « Des relations à développer »
8 août 2018 - Éco commentaires   //   184 Views   //   N°: 103

À Madagascar, la Suisse est très présente dans les domaines culturels, humanitaires et de l’éducation. Au niveau économique, Philippe Brandt, ambassadeur de la Confédération helvétique à Madagascar, souligne qu’il faut développer les relations économiques, car celles-ci restent limitées.

Philippe Brandt,
Ambassadeur de la Confédération helvétique

Pouvez-vous nous rappeler les temps forts qui ont marqué les relations bilatérales entre la Suisse et Madagascar ?
En 1925 déjà, la Suisse a ouvert sa première représentation à Madagascar avec un consulat à Toamasina. En 1932, ce consulat a été déplacé à Antananarivo. En 1960, la Suisse fut parmi les premiers pays qui ont reconnu l’indépendance de Madagascar et en 1964 le consulat a été transformé en ambassade en bonne et due forme. En 2008, le premier ambassadeur de Suisse résident à Antananarivo a pris ses fonctions. Lors du Sommet de la Francophonie en 2016, le président de la Confédération helvétique, Johann Schneider-Amman, a effectué une visite dans la Grande Île. Aujourd’hui, les relations helvéto-malgaches sont excellentes et amicales. Le nouvel ambassadeur de Madagascar en Suisse, Véronique Resaka, vient d’ailleurs d’y prendre ses fonctions. Actuellement, 471 ressortissants suisses résident dans l’ensemble de Madagascar.

Quels intérêts Madagascar représente-il pour la Suisse ?
Les relations économiques entre la Suisse et Madagascar restent limitées et nous souhaitons les développer. En 2017, la Suisse a importé des biens et des services en provenance de Madagascar pour une valeur de 197 milliards d’ariary, avec en tête les produits agricoles, incluant les épices ainsi que le textile. Les exportations de la Suisse vers Madagascar sont essentiellement des produits pharmaceutiques et chimiques ainsi que des machines s’élevant à 24 milliards d’ariary. La seule matière première que la Suisse a importé de Madagascar en 2016 étaient les pierres précieuses. Afin de développer les relations économiques mutuellement bénéfiques entre les deux pays, les deux pays ont signé un Accord bilatéral de promotion et de protection des investissements (Appi) qui est entré en vigueur en 2015. Lors du Sommet de la Francophonie en 2016, les deux ministères des Affaires étrangères ont, en outre, signé un mémoire d’entente structurant le dialogue politique entre les deux pays.

En 2016, l’Ambassade de Suisse, en partenariat avec l’Office national du tourisme à Madagascar, a offert une dizaine de bourses d’études aux bacheliers malgaches. Quelles sont les raisons de cette bourse et qu’en est-il aujourd’hui ?
Globalement, les bourses offertes par la Suisse sont destinées à encourager les échanges internationaux et à promouvoir la collaboration entre la Suisse et ses partenaires. Avec le projet financé par la Suisse, neuf étudiants malgaches ont suivi des cours dans une école hôtelière de qualité au Kenya, qui est elle-même en partenariat avec une école hôtelière suisse. Le principe de la formation duale, qui connaît un grand succès en Suisse, se trouve ainsi à la base du projet. La formation pratique y est couplée à la formation auprès d’un employeur directement. Les étudiants malgaches ayant profité de la formation au Kenya ont d’ailleurs rencontré le Président de la Confédération Johann Schneider-Amman lors de sa visite en 2016.

La Suisse accorde une place importante dans le développement local avec son implication dans la Région du Menabe…
Le dernier grand programme de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), Matoy, est intervenu dans trois régions de Madagascar, parmi lesquelles figurait le Menabe. Matoy avait pour but de réduire la pauvreté à travers la relance économique des régions ciblées. Au niveau des réalisations concrètes du projet, on note les chaînes de valeur développées, notamment pour le miel, le blé et les pois du Cap ou encore l’amélioration des conditions cadres concernant la gouvernance, la fiscalité ou l’administration. Pour ce qui concerne l’aide au développement classique, l’engagement de la DDC a pris fin en 2016 avec le projet Matoy. L’ambassade de Suisse à Antananarivo dispose cependant d’un fonds des « Petites Actions » qui lui permet de financer des micro-projets dans les domaines des droits humains et du développement durable.

Une forte présence de la Suisse dans l’éducation et l’aide humanitaire ?
Dans le domaine de l’éducation et de la formation, la Suisse offre chaque année des bourses d’excellence de la Confédération au niveau post-doctoral et de la recherche aux ressortissants de 180 pays dont Madagascar. Dans le domaine humanitaire, la Suisse reste aussi engagée comme le démontrent plusieurs contributions ces dernières années. En 2017, la Suisse a soutenu avec 780 millions d’Ariary la réponse post-cyclonique lors du passage du cyclone Enawo. Toujours dans la même année, nous avons octroyé 680 millions d’ariary à la lutte contre l’épidémie de peste qui touchait alors la Grande Île. En 2018, la Suisse a alloué 1.7 milliards d’ariary au Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour améliorer la situation alimentaire dans le Grand Sud.

Egalement dans le domaine culturel…
L’Ambassade de Suisse à Antananarivo est active pour faciliter les échanges culturels entre la Suisse et Madagascar. Chaque année, différentes manifestations culturelles en lien avec la Confédération bénéficient du soutien de l’Ambassade. Pour la période 2017-2018, il s’agit notamment du Slam National de Madagascar, de Madajazzcar, de la Nuit des Idées à l’Institut français de Madagascar (IFM), des Rencontres du film court (RFC), des concerts et des master classes du Quatuor à cordes Chrysaetos et de film Les Conquérantes diffusé à l’IFM en juin 2018.

Couteau suisse
Une icône internationale !

Dans la catégorie des inventions dont on ne saurait se passer, impossible de ne pas mentionner le fameux couteau suisse ! Cette petite merveille helvétique qui nous dépanne depuis l’apparition de son premier modèle en 1891 est un couteau de poche multifonction qui était au départ destiné à l’armée suisse. L’industriel allemand Wester & Co a fabriqué la toute première série de couteaux suisse, baptisée « Modèle 1890 » à l’époque. Ces modèles n’étaient équipés que d’une lame, d’un ouvre-boîte, d’un tournevis plat et d’un poinçon. Des sociétés suisses comme Victorinox et Wenger ont, par la suite, pris le relais. Avant d’être racheté par Victorinox, Wenger a réussi à tirer son épingle du jeu en commercialisant le Giant Swiss Army Knife, le plus complet des couteaux suisses avec ses 110 fonctions. Parmi elles, on pourra notamment citer le tournevis cruciforme, la pince multi-usages, le décapsuleur ou encore le tire-bouchon. Le couteau suisse est donc le compagnon idéal de toutes nos expéditions. Si les modèles militaires sont reconnaissables par leur couleur vert olive, la version civile quant à elle est rouge et ornée d’une croix blanche.

Heidi
La Suissesse la plus célèbre !

Elle incarne l’image de la parfaite Suissesse avec son caractère gentil, altruiste et courageuse. Heidi n’est autre que le personnage mythique des Alpes suisses dans le roman éponyme de Johanna Spyri sorti en 1880. Les livres d’Heidi, parus en six tomes, sont vite devenus des best-sellers internationaux de la littérature enfantine avec plus de 50 millions d’exemplaires vendus. On les a traduits en plus de 50 langues et adaptés en documentaires, dessins animés et films à travers le monde. L’histoire mythique d’Heidi est devenue un phénomène touristique. Les aventureux veulent toujours découvrir le paysage romantique montagnard de la Suisse décrit dans les livres d’Heidi. Ils refont le chemin qu’elle a parcouru dans le roman en allant retrouver la maison de son grand-père dans les Alpes au-dessus de Maienfeld, au sein du Canton des Grisons. Maison qui est aujourd’hui un musée.

Cuisine
« A base de fromage »

La cuisine suisse mêle les influences de la cuisine française, allemande et italienne. Les spécialités varient d’une région à l’autre, mais la gastronomie suisse est surtout connue pour ses plats traditionnels à base de fromage. A chaque région, son fromage ! La raclette est un plat très apprécié. On l’appelle aussi Bratchäs en suisse allemand et il est originaire du canton du Valais. Selon la tradition, on met à fondre le fromage devant un feu. On sert le fondu avec des accompagnements comme les pommes de terre, la charcuterie, les oignons, les cornichons et les champignons. Le goût rehaussé par la moutarde. Une spécialité que les Suisses ont le plaisir de manger surtout pour se protéger du froid grâce aux calories. Autre plat national suisse, la fondue au fromage. On fait fondre les fromages comme le vacherin fribourgeois et le gruyère avec du vin blanc. Le fondu est ensuite servi dans un caquelon (sorte de casserole) dans lequel les invités trempent leur pain. A part le fromage, la gastronomie suisse est aussi connue pour ses saucisses et saucissons. Elle en propose près de 350 variétés. Il y en a pour tous les goûts !

Art Basel
L’expo dont on parle !

La Suisse est réputée pour ses montres, ses chocolats ou encore ses couteaux, mais pas que ! Tous les ans, les yeux des amateurs d’art du monde entier sont tournés vers Bâle (Basel en allemand), une cité médiévale de Suisse qui accueille Art Basel, la plus prestigieuse des expositions internationales d’art. Cette année, cette manifestation artistique s’est tenue du 14 au 17 juin dernier et a vu la participation de pas moins de 300 galeries d’art venues des quatre coins du monde. Plus de 90 000 artistes ont répondu présent à Art Basel pour faire valoir leur talent à ce que les habitués appellent « la réunion de famille annuelle du monde de l’art ». Tous les domaines artistiques y sont représentés, de la peinture, à la sculpture en passant, entre autres, par la photographie. De quoi ravir les amateurs d’art ! Pour la petite histoire, la toute première édition de cette exposition internationale a eu lieu en 1970 à l’initiative des galeristes bâlois Ernst Beyeler, Trudi Bruckner et Balz Hilt. Depuis sa création, Art Basel a fait du chemin. En plus de s’être exportée sur les continents américain et asiatique (Art Basel Miami et Hong Kong ont débuté respectivement en 2002 et 2013), elle est devenue une véritable entreprise qui organise 90 salons dans l’année et qui réalise 450 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Rien que ça !

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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