La nouvelle bédé malgache se prend en main
10 juillet 2018 - Cultures commentaires   //   192 Views   //   N°: 102

Les jeunes bédéistes ne comptent plus sur leurs aînés pour faire renaître la bande dessinée malgache de ses cendres. Les uns essayent de se démarquer à l’étranger, d’autres font des travaux de graphisme et d’illustration pour financer leurs projets. Tous les moyens sont bons !

La bédé malgache a eu, et de loin, sa période bénite dans les années 1980. Qu’en reste-t-il ? Si les pionniers sont toujours là, une jeune génération de bédéistes émergents essaie tant bien que mal de tracer son sillon dans ce neuvième art en crise. Manque de formation, de matériels et surtout d’éditeurs spécialisés, le tableau est sombre. « On n’a que Ngah comme éditeur spécialisé. J’aimerais bien y être publiée un jour mais pour le moment je suis sur d’autres projets. Par ailleurs, j’ai des clients malgaches mais je me suis quand même tournée vers des éditeurs à l’étranger pour essayer de gagner ma vie. Je suis par exemple éditée par Des bulles dans l’océan à La Réunion », confie la bédéiste Catmouse James. Ils sont douze à travailler pour cette maison d’édition, nommément Dwa, Pov, Tojo, Farahaingo, Liva, Rafally, Ndrematoa, Johary, Franco, Stéphan, Rolling Pen et donc Catmouse James. Pour se faire connaître, certains bédéistes se font inviter dans des festivals à l’étranger

comme au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, au Cyclone BD ou encore au Salon du livre de jeunesse de l’océan Indien à la Réunion.

Autre grand problème, la BD en elle-même n’intéresse plus trop les Malgaches. « C’est d’ailleurs ce qui a provoqué son déclin dans le pays. Dans les années 1990, les gens ont préféré la vidéo à la BD. On n’a plus acheté de BD, on a préféré les louer », explique Mamy Raharolahy, bédéiste dans l circuit depuis les années 1980. Aujourd’hui, ce sont les associations et les ONG qui s’occupent de la promotion de cet art. « C’est dur d’en vivre puisque les Malgaches eux-mêmes n’en demandent plus », fait valoir Mamy Raharolahy.

Mais les associations ne renoncent pas. Il y a quelques manifestations autour de la BD comme Gasy Bulles à Antananarivo (14e édition),

la Semaine de la BD à Diego (4e édition) et les Bulles d’Alaotra à Ambatondrazaka (2e édition). Gasy Bulles est le premier festival de BD à Madagascar avec une programmation riche de rencontres, concours, expositions, etc. Il s’est tenu cette année du 2 au 16 juin, organisé par l’association Tantsary. Sa première édition remonte à 2005, impulsée par l’Institut français de Madagascar (ancien Centre culturel Albert Camus) et appelé à l’époque Mada Bulles. « Notre objectif est de soutenir la nouvelle génération de bédéistes malgaches et il y en a beaucoup. On a eu 500 participants lors du concours de BD dans le cadre du festival de l’année dernière », affirme Maximinus Fukurō, vice-président de l’association Tantsary. Pour cette association, tant qu’il y a des talents, tout peut se jouer !

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