Kemyrah : Ego trap
8 juin 2017 - Cultures commentaires   //   981 Views   //   N°: 89

Le trap, sous-genre du rap né dans les années 2010, commence à trouver son public à Madagascar. L’un de ses précurseurs, Kemyrah, a sorti une « mixtape » en janvier dernier où il est beaucoup question d’ego trip comme on dit dans le trap. Le genre m’as-tu-vu mais avec de la mélodie…

Le trap c’est du rap qui ne se contente pas de faire des gestes avec la main. Et si tu écoutes bien, il y a même de la musique dis-donc ! Voilà en gros pour la définition d’un genre musical des années 2010 dont Kemyrah est à Madagascar l’un des précurseurs. Journaliste culturel à l’époque, genre très en vogue à Mada avec du bon et du moins bon, il est aussi amateur de rock, genre très en vogue à Mada également, avec du bon et du moins bon ! Mais c’est tout seul chez lui devant son ordi qu’il se met à la musique. Un vrai geek de la génération Y ! « Je téléchargeais des mélodies en version instrumentale via Youtube. J’ai commencé par faire un peu de R’n’B avant de réellement passer au rap ». Pas mal pour un garçon qui vient quand même du métal pur jus. Fini le perfecto et les santiags, on passe à la casquette et au baggy, yo man !

Appliqué et patient, il va bidouiller ses musiques pendant deux ans avant de se décider à passer du côté des professionnels et à enregistrer en studio. En 2012, il a l’idée de créer avec ses potes de quartier un projet intitulé « Zara Zina » regroupant les rappeurs de la nouvelle scène malgache. Mais c’est surtout en solo qu’il a envie de s’exprimer, et c’est ce qu’il fait en 2013 en sortant le titre Fawless. Il a néanmoins collaboré avec les « beatmakers » et compositeurs locaux comme Radikaly, Harris Teddy ou Rapa Actuel (Tsimazaza Mozika) pour les mélodies.

Mais pourquoi le trap ? Ce sous-genre du hip-hop est né dans le sud des États-Unis, dans le sillage du Dirty South des années 2000 : Rick Ross, Lil Wayne, des gens comme ça. En France, le genre a été popularisé par Booba ou Kaaris, mais bon c’est la France hein, et Booba c’est Booba ! « La particularité du Trap c’est qu’il ne s’agit pas seulement de rapper pour rapper, les chansons doivent reposer sur une base mélodique ». Mélodie souvent répétée en boucle, hypnotique voire carrément barrée, car le trap c’est pas non plus Simon & Garfukel !

Pour se faire connaître du grand public, Kemyrah a sorti Kemyrap, une mixtape de 12 titres à différencier d’un album. Dans le monde du rap, une mixtape est une compilation de titres dont les mélodies ne sont pas forcément des créations originales. C’est donc un format assez flou, laissant pas mal de latitude aux artistes qui l’utilisent surtout pour se lancer ou pour faire patienter les fans entre deux albums. Les douze titres en téléchargement libre comprennent des collaborations avec des gens comme Arione Joy ou Jiol’Ambup’s, il y a pire comme voisinage !

Quant aux thèmes traités, comme d’habitude on y dénonce les dérives de la société, on y parle un peu de love-sex, mais surtout on est dans ce qu’on appelle l’ego trip où l’artiste parle de lui, encore de lui, toujours de lui. Bref, comme le trap, c’est très répétitif…

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