Journée mondiale du recyclage : Et si on s’y mettait enfin ?
13 novembre 2018 - Tribune commentaires   //   208 Views   //   N°: 106
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L’augmentation de la population à échelle mondiale induit des comportements de surconsommation. Cette dernière engendre inévitablement des déchets. Conséquence : une menace mortelle pour nos ressources naturelles qui ne sont pas inépuisables…

Des études environnementales sont publiées en août de chaque année. Celle de 2018 est sortie avec un résultat qui ne laisse pas indifférent : depuis le 1er août, nous vivons à crédit sur nos ressources naturelles et cela jusqu’à la fin de l’année. Fort heureusement, des solutions alternatives gagnent du terrain afin de réduire notre impact environnemental. Une charte a même été créée, afin de relever le défi. Elle n’englobe pas moins de 195 pays signataires, s’engageant d’ici 2030 à adopter des Objectifs de développement durable (ODD), et Madagascar en fait partie. Celle charte a été présentée dans la capitale, lors du Social Good Summit-Future in focus #2030NOW en 2017, avec 17 objectifs. Contentons-nous d’évoquer ici les objectifs 4, 11 et 12 qui sont liés de façon directe à l’application du recyclage.

Dans le cadre de l’objectif 11 : « Villes et communautés durables », nous pouvons évoquer l’impact positif de la communauté mise en place par l’artiste et acteur culturel Dieudonné (Donné Vy) à Alasora. Avec une permaculture lancée il y a 20 ans, il rend autonome une communauté d’une centaine de personnes accédant à une nourriture locale, de saison et bio tout au long de l’année. Les spécialistes de la tôle recyclée qui travaillent sur le site cohabitent également avec leurs enfants qui y sont scolarisés. Les mêmes bénéficient d’une cantine qui prône une autonomie complète en terme de chaîne alimentaire. Pour cause, tous les restes des denrées alimentaires sont recyclés soit en compost, soit réutilisés dans la nourriture des poissons de la pisciculture.

Passons à l’objectif 12 : « Consommation et production responsable », pour laquelle le pays n’est pas en reste. C’est que malgré les déchets engendrés par les produits d’importation, nous pouvons constater qu’une partie de la population résiste. De par une culture du recyclage liée ici à une lutte (parfois inconsciente) contre le gaspillage alimentaire, sans nier que pour certaines couches sociales touchées par la précarité, la nécessité prend le dessus. Ce comportement est à relever positivement, car il induit un impact positif sur notre environnement. A l’exemple de nos campagnes où peu de cas de famine sont à constater. C’est que les agriculteurs et par extension les foyers respectent une consommation responsable, car éduqués par leurs ancêtres à transmettre aux générations les bienfaits d’une production en local (empreinte carbone respectée).

Ce qui nous amène à aborder l’objectif durable 4 : « Éducation de qualité ». Le recyclage doit passer par la sensibilisation et s’illustre par des actions concrètes. Le recyclage n’est pas quelque chose d’inné et pourtant, au XXIème siècle, notre survie en dépend, et encore plus celle de la jeune génération (voir « Taninjanaka » la terre de nos enfants, slogan instauré par le collectif du quartier d’Ampefiloha). A Tana, des associations comme Fakotory lutte contre le « zéro déchets ». La municipalité a d’ailleurs émis un arrêté préfectoral pour interdire les sachets sur les marchés de Tana de manière à lutter contre la pollution, à privilégier les paniers pour les courses (comme d’antan) et donc à promouvoir le réemploi d’un sac en fibre végétale plutôt que l’usage unique d’un sachet plastique. Mais le saviez- vous ? Un sac plastique met 400 ans à se dégrader…

Carine Ratovonarivo
Fondatrice et designer chez © carine H.C.R. eco-design

© Photo : Vanii Suki

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