Jonathan Randrianary : « Au nom des minorités »
4 octobre 2018 - Le lecteur du mois commentaires   //   192 Views   //   N°: 105

Sa découverte de no comment® a été fortuite. Jonathan Randrianary, étudiant en Bâtiment et travaux publics, s’en souvient comme si c’était hier. Le 28 juillet 2012, il est sorti pour la première fois en boîte et a pris une belle cuite. Le lendemain matin, il ne se souvient même pas avoir mis dans sa poche un no comment®. « C’est comme ça que j’ai découvert ce petit magazine. Sur le coup, le design m’a frappé. Cela change des magazines au format ennuyeux. » Trois litres d’eau et une plaquette d’aspirine plus tard, Jonathan Randrianary a commencé à feuilleter le magazine et s’est arrêté sur un article parlant de La Caverna et de ses soirées gaies. « J’ai beaucoup apprécié l’ouverture d’esprit de la rédaction. Elle a osé évoquer un sujet qui reste tabou à Madagascar. J’ai alors décidé de découvrir ce lieu et j’y ai fait de belles rencontres. » Depuis, Jonathan Randrianary est devenu un fan inconditionnel du magazine dont il conserve toutes les éditions. 

Il apprécie particulièrement la rubrique Gaysy. « Les histoires de Von me parlent beaucoup. J’ai moi-même été victime de persécution au collège Saint Michel Amparibe. Lors des messes, les bourreaux de la classe ont décrété qu’il ne fallait pas s’asseoir à côté de moi. Ils m’ont donné beaucoup de surnom comme pédé, pelaka, ou encore sipakely. La solitude a été ma seule amie. » Pour lui, une rubrique comme Gaysy aide certaines personnes à prendre conscience qu’elles ne sont pas seules et qu’une communauté est derrière elles. « Ce genre de rubrique nous aide à nous accepter. Nous sommes différents et alors ? »

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