Joey Aresoa : « Ma culture est afro-futuriste »
4 janvier 2019 - Cultures commentaires   //   302 Views   //   N°: 108

Le 22 décembre dernier, Joey Aresoa nous a fait découvrir ses talents de slammeuse lors d’un showcase organisé au no comment® bar à Isoraka. Mais plus qu’une slammeuse, Joey Aresoa est avant tout une artiste pluridisciplinaire naviguant entre la poésie, la peinture et le body-painting .

La poésie, le slam, le body painting et la peinture, des arts qui se complètent ?
Je suis issue d’une famille qui est très versée dans la littérature et l’amour des mots. Très tôt, on s’amusait à écrire et à « performer ». J’ai débuté mon incursion dans l’art lorsque j’ai découvert la poésie. Le slam est arrivé un peu plus tard en 2006. Étant autodidacte, il y a toujours cette soif de repousser ses limites et en tant que slammeuse et poétesse, mon défi était de ne pas m’enfermer dans ces disciplines. Je peignais déjà mais au fil des années et des rencontres, j’ai découvert d’autres horizons. Pour moi, la poésie, le slam, le body-painting et la peinture sont complémentaires parce que ce qui me manque dans la poésie ou le slam, je le retrouve dans la peinture, dans ses mouvements et ses couleurs. D’un autre côté, je ne peux faire parler mes peintures qu’à travers ma poésie.

Une artiste qui revendique ses origines…
J’écris plus que je ne peins. Toutes mes peintures sont accompagnées de textes. Cela me permet de mettre des mots sur ce que je ressens sur l’instant présent, c’est une façon pour moi de construire un « pont » entre l’abstrait et les mots. Par exemple, dans ma peinture, My Soul mon Sud, je parle du Sud dont je suis originaire. Des problèmes auxquelles cette région est confrontée, des solutions qu’on peut apporter mais aussi des gens qui profitent de cette situation. A travers certains de mes textes, il y a toujours une forte démarche revendicative pour me rappeler des contes de ma région, de mon identité. C’est la base de mon exposition Talily qui a eu lieu en juin dernier à Toliara. Ma poésie parle aussi beaucoup des femmes et de ce que moi, en tant que femme, j’ai à dire. C’est une ode à la femme.

Comment vis-tu le fait d’être femme artiste à Mada ?
Contrairement à ce que les gens peuvent penser, être une femme artiste est plus une force qu’une faiblesse. On ressent plus l’envie d’exister car nous sommes peu nombreuses. Très peu de femmes artistes sont connues et reconnues par leurs pairs. En ce qui concerne l’art, je ne pense pas qu’il y ait un art féminin ou un art masculin donc, je pense qu’on peut exister en tant que femme artiste mais on doit surtout mettre en avant la profusion d’artistes talentueux à Mada.

Tes projets…
J’envisage d’organiser une exposition cette année. Je me penche aussi sur Cosa Negra, un collectif avec l’artiste Isaac Azaly. Plusieurs de mes textes sont accompagnés de la musique créée par Isaac. A travers ce collectif, nous souhaitons mettre en avant ce qui peut exister comme « art noir » et associer plusieurs disciplines comme le slam, la musique, le rap et les fresques extérieurs par l’intermédiaire d’une culture afro-futuriste .

Contact
E-mail :
joeyaresoa@gmail.com

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