Jia : En mode free roots
3 octobre 2017 - Créateur La mode Styliste commentaires   //   229 Views   //   N°: 93

A contre-courant du bling-bling et du glam-chic, c’est dans une tendance « free roots » que Jia, de son nom Johary Ratefinanahary, évolue. Ses sacs bandoulières griffées Jia sont conçues au feeling, fidèles à la personnalité de leurs heureux propriétaires.

Si on l’a longtemps connu comme leader du groupe Moajia, c’est avec ses mains de dompteur de cuir de vachette qu’il s’est fait connaître dans l’univers de la mode. Une mode « free roots », comme on dit, à la fois pétrie de culture malgache (roots) et de liberté (free). Les bandoulières en cuir sont sa marque de fabrique. Ainsi appelle-t-on ces sacs grands formats qui datent de la Seconde Guerre mondiale, populaires pour leur confort et leur praticité. « Le cuir de zébu est depuis toujours ma matière de prédilection. Le zébu est l’emblème de la richesse, de la force et surtout de la qualité. » A l’âge de 13 ans, il s’adonne déjà à la confection de petits sacs et accessoires qu’il vend dans la cour de récré. « J’ai longtemps admiré mon père Doda Ratefinanahary qui faisait ce métier. J’adorais récupérer les chutes de cuir pour mes propres créations. »

Jia sillonne les tanneries d’Ambohimanambola, Ampitatafika, Alasora et farfouille parfois dans les friperies de blousons de cuir pour se procurer de quoi fabriquer ses bandoulières. Comme un peintre sur sa toile, Jia s’éclate sur ses sacs dont chacun doit refléter le caractère de son propriétaire. Comme avec sa création Tsk 2, pseudo de son proprio, où la bandoulière met en avant une harmonie de formes géométriques en rappel à Prince, groupe préféré du propriétaire ; et elle est bien sûr peinte en nuances de couleur pourpre (purple). « Ce sont des sacs qui partent à 100 % de l’instinct et du feeling. » Ou encore Kalamity Jia en référence au personnage de Calamity Jane dans Lucky Luke. « Cela m’a pris beaucoup de temps à le finir. Résultat, un patchwork de cuir, de jean et de soie. »

Jia aime aussi concevoir dans la spontanéité comme avec Sac D’alina (sac fait la nuit) qu’il a conçu aux côtés de l’artiste plasticien Farahaingo. « C’est le fruit d’une performance entre 18 et 22 heures, dans le cadre d’une exposition qu’on a fait à Antsirabe il y a deux ans. Tout a été fait à la main. » Quand il ne reçoit pas des commandes, Jia confectionne des sacs dans son atelier à Mahazo. Sa dernière exposition individuelle The blue way remonte à mai dernier à l’IKM. « J’ai déjà conçu des sacs en forme de pomme, de Madagascar ou encore de chapeau. Je suis toujours à la recherche de comment on peut utiliser le cuir. » Aujourd’hui, il conçoit également des bijoux, accessoires et éléments décoratifs de maison. Il ambitionne un jour d’ouvrir son propre showroom… free roots, bien sûr !

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