Jean-Yves Randriambelson : Trotirider de l’extrême
23 janvier 2018 - Diaspora Hexagone commentaires   //   1332 Views   //   N°: 96

Jean-Yves Randriambelson, aka JD, pratique le free style à trottinette depuis ses 11 ans. Quinze ans à rider comme un fou, ça en fait une trott ! Aujourd’hui, il roule pour de grandes marques telles qu’Ethic DTC, UrbanArtt, Dissidence. Même les guidons de trottinettes portent ses initiales…

C’est à l’âge de 11 ans que JD découvre sa vocation de trotirider. Il avait déjà appris à marcher avec un pied sur une planche de skate, mais c’est la trott finalement qui va lui apporter ses plus gros frissons. « La culture trott n’existait pas alors, on n’était qu’une poignée de riders qui kiffions dans notre coin. Il n’existait aucune trott au monde adapté pour faire des figures. » Il devait donc faire les marchés du dimanche et les brocantes pour dénicher de vieilles trotts poussiéreuses, oubliées dans les caves, qu’il retapait en engins free style

Né à Cannes il y a 27 ans de parents malgaches, il est actuellement en L3 Langue Littérature et Civilisation étrangère et régionale en malgache à Langues O’. Hé oui, ça existe les licences de malgaches en France ! Avec quelques amis aussi passionnés que lui par les sports de glisse, dont la trottinette en question, il lance en 2011 le premier magazine papier de trott free style du nom de French Toast. Une histoire qui a duré plusieurs années.

« On voulait le magazine obligatoirement en français et en anglais, donc j’ai carrément changé de filière en Fac pour avoir des cours plus poussés en traduction en anglais, histoire de mieux écrire », raconte JD, nostalgique.

Loin de cette époque où il était difficile de trouver une trottinette adaptée pour des figures, le petit trotirider qu’on apercevait au skatepark fait aujourd’hui partie des grands dans le monde de la trott. Sponsorisé par plusieurs marques spécialisées, JD est devenu un véritable pro. « J’ai un avantage de malade, le fait de voyager pour découvrir des pays fabuleux comme la Tchéquie, la Chine, le Mexique, la Corée du Sud, la Colombie. De rider des spots célèbres que je voyais dans des vidéos et de rencontrer d’autres riders à l’autre bout de la planète qui partagent la même passion que moi. »

Mais comment devient-on un as de la trott ? « J’ai grandi dans un skatepark. J’ai eu une évolution étrange parce que je n’ai pas appris à marcher normalement en grandissant, à la place j’ai appris à rider. » Et d’ajouter décidé : « J’ai pris le risque d’exercer une activité qui ne me permettra peut-être pas d’avoir une retraite dorée ou d’obtenir du crédit de mon banquier. Mais tant que j’ai ma trott, je me sens partout à la maison et à défaut de cotiser pour ma retraite, je cotise pour mes souvenirs ! »

Consécration, il est actuellement en préparation, pour 2018, de la sortie du nouveau guidon pro model d’UrbanArtt qui portera le nom de JD et figurera le contour de Madagascar ! Et Mada, justement ? Le rider tout-terrain souhaiterait faire la promotion des sports de glisse dans la Grande Ile, dans des disciplines telles que skate, BMX, trottinette, roller… En attendant, s’il y a un message qu’il a à cœur de transmettre aux jeunes du pays : ne jamais lâcher le guidon de la passion !

Photo © Mathieu de Michiel

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