Jean-Pierre Briois : Le repaire du pirate
3 janvier 2013 - Escales commentaires   //   1194 Views   //   N°: 36

La beauté sauvage et paradisiaque de l’île aux Nattes abrite quelques originaux, épris par ce petit bout de terre perdu aux confins de l’île Sainte- Marie. Jean-Pierre Briois fait partie de ces amoureux qui ouvrent leur maison et leur coeur aux gens de passage. 

« La première fois que j’ai posé le pied sur l’île aux Nattes, j’ai ressenti comme un électrochoc, une onde tellurique dans tout mon corps ». Le ton est donné : la relation entre l’île et Jean-Pierre Briois est physique, presque fusionnelle. Depuis bientôt dix ans, cet enthousiaste s’acharne avec bonne humeur à son rêve – loin de tout, combiner luxe et simplicité – boire un bon vin dans un verre à pied en écoutant de l’opéra, assis sur un rondin de bois au bord d’une des plus belles plages de Madagascar.

Il reçoit en tutoyant, pieds nus dans son bureau à l’étage de sa jolie maison en bois, où de lourdes et riches étoffes côtoient des meubles sombres et finement ouvragés. Un décor de théâtre où se produisent tous les soirs Jean-Pierre, sa jeune et dynamique épouse, et leur petit garçon.

Vêtu d’un lamba hoany et d’un vieux t-shirt, il accueille ses clients comme des amis, habitués et gens de passage réunis autour d’une vaste table en bois et sert oursins, gambas et grands crus en racontant sa vie et son île. Une vie chargée, ambiance « mange, prie, aime » qui le mène des grands groupes pharmaceutiques français et de l’édition à la recherche de sens en Inde, pour terminer sa course sur l’île aux Nattes.

Quand il parle livres, sculpture et musique, il est intarissable. Son goût et sa connaissance des arts l’ont mené à soutenir quelques talents et à développer un petit centre culturel où se produisent toutes les semaines des artistes locaux ou de passage. Mécène en son petit royaume, son énergie, son charisme et son grain de folie lui ont valu d’être surnommé « le baron ».

Sa maison d’hôte lui ressemble – un peu baroque et décalée. Composée de cinq maisons, de la chambre d’amoureux avides d’un décor de carte postale à la vaste maison familiale, le tout est disséminé dans un jardin foisonnant. Un ensemble difficilement définissable qui valse allègrement entre l’élégance et l’ostentatoire, entre la simplicité et la prétention. On y vient pour l’accueil chaleureux, la table raffinée et l’ambiance un peu magique. Un monde dépaysant et attachant. 

Bénédicte Berthon-Dumurgier
Photos : Guy Monot 

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