Jean Lucien Rajaonarivelo : Il sort le grand jeu
21 novembre 2018 - Cultures commentaires   //   113 Views   //   N°: 106

Jean Lucien Rajaonarivelo, fondateur de la compagnie Dihyarivelo, est une référence dans le milieu de la danse contemporaine. Le 7 septembre dernier, il s’est produit sur la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) lors de la 3ème édition du Festival de danse 321, pour dévoiler « Belalao » (Grand joueur).

« La première partie de ma pièce est intitulée Mivadika ati-doha. Cela signifie avoir la tête à l’envers, et c’est en général ce qui se passe quand on a des soucis : on devient fou. Au sens figuré, je veux qu’on comprenne que pour résoudre un problème, il faut souvent revenir en arrière pour trouver la source du mal afin de le soigner. C’est la première étape vers la guérison. »

« Belalao » lui a été inspiré par sa quête personnelle de la paix intérieure, ce qui explique que Jean Lucien Rajaonarivelo ait opté pour la sobriété. Ni musique, ni bande-son. Seuls ses jeux de voix l’ont accompagné durant sa performance afin que rien ne vienne se mettre entre le public et lui. « Dans chacune de mes œuvres, j’essaye de faire passer un message fort et le fait d’y ajouter des éléments extérieurs pourraient nuire à la compréhension de ce message. Je veux que le public se concentre uniquement sur ma danse et mes jeux de voix afin d’en décrypter les significations. » À travers cette chorégraphie, Jean Lucien Rajaonarivelo retrace le cheminement d’un individu qui lutte face à la vie pour tenter de retrouver la sérénité. « Personne n’est à l’abri des problèmes, surtout dans la société actuelle. En tant qu’humain, nous cherchons par tous les moyens à retrouver l’équilibre. » Si vous avez raté sa performance à l’IFM, il n’est pas encore trop tard. Le danseur vous donne rendez-vous ce mois-ci à la quatrième édition du Festival Voambolana.

Le danseur accompagne ses pas de hurlements et gémissements qui lui servent à exprimer son désir d’exorciser ses maux. « Mon but est de montrer à quel point il est dur d’atteindre la sérénité. »

Après une danse endiablée de plusieurs minutes à travers laquelle il partage ses tribulations, le danseur redevient calme et silencieux. « Le fait de revenir en arrière peut vous faire revivre des souvenirs douloureux, mais c’est un mal pour un bien car cela permet de dompter ses peurs et de s’en libérer pour retrouver la paix intérieure. »

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer