Je suis vert !
4 août 2014 - LifeStyle commentaires   //   2848 Views   //   N°: 55

Défense de l’environnement, développement durable, mode éthique, tout est écolo dans notre vie. Du moins en bonnes paroles qui n’engagent à rien. Quelques exceptions toutefois, comme Saraha Georget Rabeharisoa, initiatrice de l’écologie politique à Madagascar, ou le physicien nucléaire Raoelina Andriambololona, défenseur de l’énergie la plus « propre »… 

 

Raoelina Andriambololona : Écolonucléaire 
Il y a ceux qui le prennent pour une espèce de Dr Folamour malgache. Mais ce physicien nucléaire de réputation mondiale (Français, Américains, Japonais ont fait des pieds et des mains pour l’avoir dans leurs laboratoires), fervent humaniste, est convaincu de la pertinence du nucléaire civil, notamment pour un pays en voie de développement comme Madagascar. « Seul moyen de produire de grandes quantités d’énergie sans faire de tort à 

l’environnement et à l’écologie », souligne-t-il. Fondateur de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) au début des années 70, et partant de là vrai « père du nucléaire malgache », il considère que les richesses uranifères de la Grande Île ne doivent pas seulement servir à alimenter les centrales nucléaires des autres, mais bien celles que les physiciens et ingénieurs malgaches sont tout à fait capables de construire. « Le nucléaire civil trouve une multitude d’applications dont certaines sont déjà couramment utilisées, notamment en médecine, en radiothérapie, dans l’agriculture, dans la recherche des eaux souterraines. Alors pourquoi se priver de produire notre électricité avec, alors que le monde entier sait que le pétrole c’est fini ? », s’interroge ce correspondant permanent de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Il faut aussi savoir que l’énergie nucléaire est la moins polluante de toutes. Celles tirées du charbon, du pétrole et même de l’éolienne et du solaire le sont bien davantage… » L’eusses-tu cru ? 

 

Saraha Georget Rabeharisoa : Verte et mûre 
Écolo en paroles et en actes, la présidente du parti vert Hasin’i Madagasikara et deuxième vice-présidente depuis 2010 de la Fédération des Verts africains (Feva- AGF) est sur tous les fronts de la protection de l’environnement. « Par conviction, pas par intérêt », ironise Saraha Georget Rabeharisoa, qui, avant d’entrer en politique, était déjà une militante verte alors qu’elle étudiait à la Faculté de Droit d’Aix-en- Provence, en France. En 2009, elle choisit de fonder son propre parti pour pouvoir donner plus de poids à son engagement. « S’attacher avec une chaîne à un arbre pour empêcher qu’on le coupe n’est pas efficace. Ils arracheront l’arbre et vous avec si c’est rentable. La meilleure façon de peser sur le débat est de participer activement à la vie de la nation, et donc pour moi de faire de l’écologie politique. » Son champ de bataille : « Terre, Eau, Environnement », convaincue que l’écologie est d’abord affaire de lourds enjeux économiques et sociaux avant que de porter sur les lémuriens et les plantes endémiques.  

« Tout est lié. Les problèmes fonciers, d’emploi et d’éducation, entrainent des problèmes environnementaux très graves et vice-versa. C’est ce diagnostic global que l’écologie doit être capable de poser », explique-elle. Dans les sociétés occidentales, l’écologie se positionne comme la troisième force politique, bien décidée à renouveler la donne entre libéralisme et socialisme. Bien que le Hasin’i Madagasikara soit assez bien représenté à l’Assemblée nationale, ce n’est pas encore cette force alternative rêvée par Saraha Georget Rabeharisoa. « Trop tôt pour Madagascar, mais l’écologie peut accompagner utilement le développement d’un pays. Ne serait-ce que pour éviter les erreurs que les autres ont commises… »

 

Pages réalisées par Solofo Ranaivo

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer