Jaomatana : De Paris à Tana
18 juillet 2018 - Que sont-ils devenus ? commentaires   //   263 Views   //   N°: 102

En mai 2016 (no comment® n° 77), nous avons parlé de la styliste Marie-Laure Jaomatana. Elle utilise les matières et les techniques malgaches pour ses créations. Comme Madagascar est sa source d’inspiration, elle a ouvert sa boutique Jaomatana® Paris à Ambanidia en février dernier.

Jaomatana est connue comme la première styliste à avoir fait défiler la broderie malgache sur les podiums parisiens, notamment lors de la Fashion Night Couture en 2016 à travers sa collection Tsarasoa. Des créations représentant des personnages et des scènes de la vie quotidienne. Fière de ses origines, elle ne cesse de promouvoir les matières naturelles malgaches comme la soie sauvage, les perles ou la corne de zébu. « Je suis un peu avant-gardiste parce que j’aime bien détourner les matières premières locales pour montrer à tout le monde que Madagascar, ce n’est pas seulement la prostitution, la misère, la poubelle, nous avons des tas de choses merveilleuses. » A travers sa collection Tso-drano (Bénédiction), elle détourne le lambamena (linceul) et le tsihy, du roseau tressé pour confectionner ses robes avec des coupes assez fantastiques. Une collection qui a d’ailleurs suscité la curiosité aussi bien au niveau international que national.

« Le lambamena est généralement utilisé pour le retournement des morts tandis que le tsihy est une sorte de tapis pour jouer, dormir ou manger. ​Avec tout le respect que je dois à ma culture, j’ai voulu moderniser ses deux matières mais surtout pour que les Malgaches puissent aussi suivre l’exemple afin de ne pas rester bloquer sur des choses très culturelles, qu’on peut évoluer parce que le monde évolue. »

Voyageant entre Madagascar et l’Europe, elle n’a pas hésité à ouvrir sa première boutique à Tana, Jaomatana® Paris pour le plus grand plaisir de ceux et celles qui apprécient ses créations. « J’ai décidé d’ouvrir cette boutique pour que les personnes qui souhaitent s’habiller avec mes créations puissent le faire. La demande existait mais pas d’offre. Et cela me permet aussi d’y revenir plus souvent. » Désormais, on retrouve du prêt-à-porter et des pièces uniques. Mais également, sa dernière collection Tsika (Nous) qui est réalisée à partir du lambahoany, un panneau de tissu en coton constituant les tenues traditionnelles malgaches. Styliste au grand coeur, elle a collaboré avec les personnes en situation de handicap du Centre Sembana Mijoro pour la confection de ses modèles.

Toujours pleine d’idées, Jaomatana prépare sa nouvelle collection qu’elle compte présenter à Madagascar notamment à Toamasina, à Tana et à Sambava au mois d’octobre mais aussi en Europe. « Je n’ai pas encore trouvé le thème mais j’ai déjà commencé à coudre. Avec Oliarintsoa Balza- Rakotomalala, nous sommes en train de travailler sur une nouvelle marque de prêt-à-porter. » En parallèle, elle se lance dans un autre projet, la mise en place de la première édition de la Madagascar Fashion Week.

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