Steve Hen’King : De la génération 2D
9 novembre 2025 // Arts Plastiques // 3736 vues // Nc : 190

Disney ou mangas, Gianfranco Henri Houdounou, ou simplement Steve Hen’King, a vécu toute une vie en dessin. Illustrateur, street artist et amateur d’animation 2D, cet originaire d’Antsiranana enchaîne les expositions depuis 2015 – la semaine de la BD, Striarty, Gasy Bulles. Murs, acrylique et écrans sont ses armes pour plonger son public dans le monde libre et plein d’audace de l’enfance.

Vous avez grandi dans la pop culture…
Je suis de la génération 90, j’ai grandi avec le Club Dorothée et j’ai découvert la culture manga vers mes huit ou neuf ans. J’ai appris à dessiner en recopiant des images de Dragon Ball Z. Pareil pour la bande dessinée : aussi loin que je m’en souvienne – et jusqu’à maintenant – j’ai toujours eu des Picsou Magazine, des Dorothée Magazine et d’autres BD qui traînaient à la maison. Cette envie de raconter des histoires, je l’ai toujours eue : j'adorais l’excitation de dessiner des scènes de combat épiques.

Mon style de dessin actuel vient de ma découverte des films du studio Ghibli au lycée, dont la simplicité des traits et des couleurs m’a séduit, et un peu des anciens Disney. En 2022, je me suis lancé dans la fresque murale avec le projet Voa S'ary de l’association Loko et, depuis, c'est devenu une drogue (rire).

Dessiner la liberté ?
Oui, j'aime dessiner des mondes imaginaires dans lesquels ceux qui regardent peuvent s’évader, laisser libre cours à leur imagination et créer leur propre univers. Mon but est de faire rêver comme l’on m’a fait rêver quand j’étais gosse. Je travaille beaucoup avec le bleu, le jaune et le rose, une association de couleurs qui évoque un sentiment de nostalgie, comme un regret des moments passés qu’on est quand même content d’avoir vécus parce que ça reste de bons souvenirs. Plus tard, je voudrais peindre les murs dans toutes les villes de Madagascar. La fresque murale est devenue une thérapie pour moi.

Vous faites également de l’animation…
En 2017, j’ai découvert le monde de l’animation 2D traditionnelle et, en grand fan de Disney et de Ghibli, j’ai voulu essayer. Dessiner, c’est bien, mais donner vie à sa création tel le Dr Frankenstein, c’est peut-être ce sentiment-là qui m’a poussé dans le monde de l’animation 2D. En 2021, j'ai eu la chance d’échanger avec un très talentueux directeur d'animation sur Instagram. Je lui ai envoyé ce que je faisais, et il m’a dit que, niveau dessin, c'était impeccable, mais que ce n'était pas de l’animation. Il m’a carrément conseillé de reprendre à zéro et de bien travailler les bases. C’était la meilleure et la pire chose qui me soit arrivée dans mon parcours de dessinateur/animateur. Mais, dans le futur, je voudrais réaliser un court métrage pour vraiment mettre les pieds dans le monde de l’animation et du cinéma.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Kingdom Art

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir