Maria Gabrielle : Deux en une
18 avril 2026 // Influenceur du mois // 1952 vues // Nc : 195

De son petit coin à Antsirabe, Maria Gabrielle Rondroniaina a plus de 160 000 abonnés fidèles à ses petites histoires, une caricature de la vie quotidienne en campagne et en communauté, du naturel et de l'humour qu'elle partage, plongée dans la peau de ses alters, Raivo et Santal, depuis 2025.

Elle court, habillée d'une robe de mariée, sur un terrain poussiéreux pour rejoindre ses amies en train de bavarder sur une charrette. Santal, jeune campagnarde un peu maladroite, séduit par sa confiance car « même si elle n'a pas fait des études, elle ne se laisse pas faire ». À côté, Raivo est la caricature de la mère de famille dans son quotidien et de ses manières parfois gênantes. Toutes deux ont été créées par Maria Gabrielle, elle-même mère de trois garçons, mais un peu plus sérieuse que les deux premières. Des vidéos sans filtres tournées au téléphone avec l'aide de sa famille ou de son conjoint – dans le rôle de l'amoureux de Santal, « Le Za ». « Pour chaque personnage, j'utilise mes propres vêtements, mais certains styles me poussent à aller chercher en friperie, on y trouve des pépites. Les chapeaux sont à ma mère. » Des scènes de vie qu'elle écrit à l'avance ou d'autres qu'elle tourne immédiatement sous le coup de l'inspiration.

« Ma première vidéo « Izaho nentin'i mama tany am-piangonana » (ma mère m'a emmenée à l'église) était surtout pour mes amis sur Facebook. » Avant cela, elle partageait ses vidéos de TikTok, un entraînement pour son jeu d'acteur. Maria Gabrielle s'inspire de ses observations, de son quotidien et « des anciennes histoires que racontent les parents durant les réunions de famille ». La créatrice de contenu choisit l'humour pour détendre sans pour autant s'inspirer des autres. « Chaque créateur a son style, mais moi j'apprécie particulièrement ceux qui créent sans copier, qui osent montrer leur personnalité, tout en livrant des messages simples. Parmi mes préférés, il y a Dada Jao ou Rajao Malok'Ila. » Raivo et Santal espèrent aller le plus loin possible, des rencontres locales aux collaborations internationales. Maria Gabrielle souhaite améliorer la qualité de ses contenus et rêve, un jour, de devenir productrice de film.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Maria Gabrielle
Contact : + 261 70 938 86

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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