Mahefasoa Nacha : En vers et contre tout
11 février 2026 // Arts de la scène // 726 vues // Nc : 193

Sa voix traverse les langues, fouille les silences et nomme ce que beaucoup préfèrent taire. Révélée par le slam, Mahefasoa Nacha fait de la scène un lieu de combat et de transmission. Championne nationale de cet art poétique, elle s’impose comme l’une des voix qui comptent dans le paysage culturel malgache.

Dès les premiers mots, le flow s’installe. Une verve tendue, précise, des vers qui cognent et racontent les tristes réalités qui gangrènent le pays. Mahefasoa Nacha slame en français, glisse d’un dialecte malgache à l’autre, fait vibrer la langue comme une matière vivante. Dans la salle, le silence se fait dense, presque religieux. Puis les applaudissements éclatent. Sa parole a touché juste. Ce soir-là, en décembre dernier à l’Institut français de Madagascar, la slameuse est sacrée championne nationale de la 16ᵉ édition du Slam National. Une consécration, mais surtout une étape. Car sur scène, Mahefasoa Nacha – connue sous le nom d’artiste Ma Fia – ne se contente pas de réciter des textes. Auteure, elle devient aussi actrice, créatrice, chercheuse de sens, toujours en quête de nouvelles manières de faire vibrer la parole. « Quand je pratique le slam, c’est comme si je priais », confie-t-elle.

Dès les premiers mots, le flow s’installe. Une verve tendue, précise, des vers qui cognent et racontent les tristes réalités qui gangrènent le pays. Mahefasoa Nacha slame en français, glisse d’un dialecte malgache à l’autre, fait vibrer la langue comme une matière vivante. Dans la salle, le silence se fait dense, presque religieux. Puis les applaudissements éclatent. Sa parole a touché juste. Ce soir-là, en décembre dernier à l’Institut français de Madagascar, la slameuse est sacrée championne nationale de la 16ᵉ édition du Slam National. Une consécration, mais surtout une étape. Car sur scène, Mahefasoa Nacha – connue sous le nom d’artiste Ma Fia – ne se contente pas de réciter des textes. Auteure, elle devient aussi actrice, créatrice, chercheuse de sens, toujours en quête de nouvelles manières de faire vibrer la parole. « Quand je pratique le slam, c’est comme si je priais », confie-t-elle.

Au Slam National, Mahefasoa Nacha ne choisit jamais la facilité. Mafia locale, mères célibataires, dérives politiques : ses textes frappent là où ça fait mal. « Il m’est difficile de ne pas parler de corruption, parce que la situation a dépassé les limites », affirme-t-elle. Favoritisme, injustice administrative, normalisation des abus : son slam dénonce un système que beaucoup subissent, mais que peu osent nommer. Représenter la région Boeny n’était pas anodin. « Je devais assurer pour bien porter le nom de ma région », reconnaît-elle. Le public l’a portée, la scène l’a consacrée. Désormais, sa voix veille, et porte, bien au-delà des planches.

Lucas Rahajaniaina

Contact téléphone et Whatshapp 0327101798
Mail : mafiaslameuse401@gmail.com

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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