Loaline : Esthétique et beaucoup d’éthique
28 mars 2026 // Publireportage // 2410 vues // Nc : 194

Installé à Antananarivo depuis décembre, Loaline se présente comme le premier centre de médecine esthétique structuré du pays. À sa tête, Loaline Forges, une infirmière diplômée d’État formée en France et à l’international, qui revendique une approche scientifique, encadrée et éthique d’un secteur encore peu réglementé à Madagascar. Rencontre.

Loaline existe depuis quelques mois seulement. Comment est né le centre et quel est votre parcours ?
Loaline a ouvert ses portes en décembre, à Antananarivo. Mais l'idée, elle, était là bien avant. J'ai toujours su que je travaillerais dans l'esthétique. Enfant, je rêvais de travailler sur un bateau de croisière — ce n'est finalement pas si éloigné : dans les deux cas, il s'agit d'accompagner les gens vers le mieux-être. Le parcours commence par un bac professionnel en esthétique, puis une école d'infirmière diplômée d'État en France. Originaire du centre du pays, c'est à Paris qu'elle fait l'essentiel de ses études — et déjà, en parallèle, elle travaille en centre de médecine esthétique et en centre laser. Le diplôme d'infirmière n'était pas une fin en soi, mais un choix délibéré : exercer en médecine esthétique avec une responsabilité médicale pleine et entière, pas à mi-chemin. La suite se construit au fil des formations — au Maroc, en Turquie, en Angleterre et en France auprès de chirurgiens et de professeurs en chirurgie esthétiques, à Bordeaux par un médecin spécialiste en échographie. Avec, en point d'orgue, un passage en laboratoire de dissection à la faculté de médecine de Nice.

Quand on injecte, on ne travaille pas à la surface. On travaille avec des plans anatomiques, des muscles, des vaisseaux. Il faut savoir exactement où l'on est. C'est de cette exigence-là que Loaline est né : proposer à Madagascar une médecine esthétique structurée, encadrée, scientifique. Pas un institut. Un centre médical.

Justement, qu’est-ce que vous entendez par « médecine esthétique » ?
La nuance est essentielle. Nous n’avons pas de clients. Nous avons des patients. Notre approche repose sur une base scientifique, une éthique médicale et un accompagnement personnalisé. La médecine esthétique ne consiste pas à “vendre” un soin. Elle consiste à comprendre une demande, à évaluer sa pertinence médicale, à identifier les contre-indications éventuelles, puis à proposer — ou non — une solution. Nous intervenons sur plusieurs axes : les injections (acide hyaluronique, toxine botulique), l’hypo du double menton, l’épilation laser médicalisée, les skinboosters comme le Rejuran, ou encore les soins hydrafacial.

Nous accompagnons des personnes qui souhaitent corriger un complexe, prévenir le vieillissement cutané, traiter une hyperpigmentation, des poils incarnés, une kératose pilaire… Vieillir est naturel. Notre rôle n’est pas d’arrêter le temps. Il est d’aider à vieillir avec harmonie. Et parfois, cela signifie aussi savoir dire non. Une patiente est récemment venue pour une liposuccion du double menton. Elle n’en avait pas besoin. Nous ne faisons pas “tout à tout le monde”. Chaque patient remplit un questionnaire médical complet. Antécédents, allergies, traitements en cours : rien n’est laissé au hasard. Parce que même si l’objectif est esthétique, l’acte reste médical.

Pourquoi avoir ouvert un centre de ce niveau à Antananarivo ?
Parce qu’il existait un vide. À Maurice ou à La Réunion, la médecine esthétique est structurée depuis longtemps. À Madagascar, il y avait des injections… mais souvent de manière informelle, parfois clandestine, sans encadrement médical réel. Nous voulions apporter les meilleures technologies disponibles : des dispositifs médicaux certifiés CE médical — pas simplement CE — fournis directement par les fabricants, avec formation obligatoire à l’appui. Ce n’est pas un détail. Un laser médical ne s’achète dans les 200 000 euros. Il exige une structure, une formation, une responsabilité. Prenons l’exemple du laser dépilatoire. Beaucoup utilisent le mot “laser”, mais il s’agit en réalité de lumière pulsée. Ce n’est pas la même technologie. Un laser médical émet un faisceau lumineux précis, absorbé par la mélanine du poil, qui vient détruire progressivement le bulbe. C’est efficace, mais cela peut être dangereux si mal paramétré. Le phototype de peau, l’origine génétique, les antécédents… tout compte. Même exigence pour l’hydrafacial®. Le terme est une marque déposée. Nous utilisons le véritable appareil, avec sa technologie brevetée de vortex-fusion®, ses protocoles validés en laboratoire, ses boosters officiels. Les contrefaçons existent, comme dans la haute couture. Mais un produit contrefait ne donne pas la même qualité qu’un original. En médecine esthétique, la différence se mesure en sécurité.

Vous évoquez des pratiques clandestines. Où se situe la ligne rouge ?
Elle est simple : la qualification et la traçabilité. Les injections réalisées par des personnes non médicalement formées sont un risque majeur. Injecter de l’acide hyaluronique sans connaître l’anatomie vasculaire peut provoquer une nécrose. Si un vaisseau est obstrué, le tissu meurt. C’est brutal. C’est pour cela que nous utilisons un échographe avec Doppler pour certaines injections, notamment fessières. Nous visualisons la vascularisation avant d’intervenir. Nous adaptons la technique à chaque anatomie. Il n’y a pas de “modèle standard”. Même chose pour la toxine botulique. Le Botox® — commercialisé par le laboratoire Allergan au début des années 2000 — est à l’origine utilisé en médecine conventionnelle pour traiter des spasmes musculaires. En esthétique, il agit en mettant temporairement un muscle au repos. Mal injecté, il peut provoquer une ptose de la paupière. Bien injecté, il donne un résultat naturel et préventif. La traçabilité est obligatoire : lot, fournisseur, patient, suivi. Si un laboratoire rappelle un produit, nous devons pouvoir contacter immédiatement les patients concernés. Dans les pratiques illégales, il n’y a ni dossier, ni suivi, ni responsabilité.

En termes de coûts, comment vous situez-vous par rapport à l’international ?
Nous sommes significativement moins chers qu’en Europe ou au Royaume-Uni, malgré les coûts d’importation, de douane et de formation. Un exemple : certaines injections spécialisées peuvent atteindre 12 000 à 22 000 euros auprès de leurs inventeurs à l’étranger. À Madagascar, les patients paient essentiellement le produit — l’acide hyaluronique certifié — et non une structure hospitalière lourde. Cela dit, nous assumons nos tarifs. Un dispositif médical de haute technologie ne peut pas être proposé au prix d’un appareil acheté 300 euros sur Internet. La qualité a un coût. Mais nous faisons en sorte que le rapport qualité-prix soit cohérent, transparent et justifié.

Au-delà de la technique, quelle est votre philosophie ?
La pédagogie. J’explique tout. Ce que j’injecte, pourquoi, comment cela agit dans le corps. Comprendre rassure. Et puis il y a l’écoute. La médecine esthétique n’est pas une opposition à la chirurgie. Elle peut être une première étape. Elle peut aussi corriger des imperfections après une chirurgie. Mais elle doit rester proportionnée. Je crois profondément qu’on peut allier exigence médicale, sécurité maximale et accessibilité relative. Madagascar mérite des standards internationaux. Nos patients aussi. Au fond, Loaline, c’est cela : de la science, de la rigueur, et un accompagnement humain. Pas du marketing. De la médecine.

Propos recueillis par Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir