L’évangile du nouveau monde, le dernier message de Maryse Condé
30 septembre 2025 // Littérature // 3845 vues // Nc : 188

Le dernier roman de Maryse Condé, L'Évangile du Nouveau Monde est une œuvre intrigante. L’écrivaine entame son roman alors qu’elle est déjà aveugle. Elle doit alors dicter son livre. Des questions se posent dès lors. Pourquoi un tel livre et à ce moment là?

Un roman, un dernier
La raison qui a poussé l'écrivaine à prendre de nouveau le chemin ardu de son art au terme d'une vie, questionne. Atteinte de cécité, écrire, écrire encore, peut-être une dernière fois avant de rendre l'âme, mais pourquoi ? À ce stade d'une carrière, tout n'a-t-il pas déjà été écrit ? Les honneurs, la reconnaissance n'ont-ils pas déjà couronné le dur labeur, le talent, l'art de la grande Maryse Condé? En parcourant L'Évangile du Nouveau Monde, la réponse vient. On y sent une Maryse Condé joueuse qui a la plume facile. Les mots viennent, coulent, deviennent rivières, ruisseaux, minces filets, torrents, au gré du souffle d'une écrivaine qui s'amuse et s'arroge le droit de jouer de ses mots, même devant la mort, même la vue perdue. Écrire, écrire toujours, et cela jusqu'au dernier précipice. Peu importe l'histoire, même s’il faut dire qu’elle est belle et horrible, le fait même d’avoir écrit est ici divin. C'est une revendication silencieuse, celle de la vie, la vraie, qui ne plie pas, jamais.

Une histoire aussi vieille que le monde
Plus un sujet a été traité plus il est difficile de l’aborder. Car l’histoire que nous livrent les lignes successives de ce petit roman n'est pas inédite. L'Évangile du Nouveau Monde, est une ambition déjà tentée. Mise à part La Bible, c'est Le Christ re-crucifié de Kazantzaki, par exemple, ou encore les romans de José Saramago. Cependant, Marysse Condé met ce récit tant ressassé à son échelle, à la hauteur des Caraïbes et du monde moderne. Elle a su insufflé à cette histoire une tropicalité ne s’encombrant pas d’exotisme. Le style est là, il porte l'ensemble. Et à la fin, un message, comme un testament. Car la dernière heure vient et un message s'impose. Et c’est l’amour toujours, un amour que Pascal, le personnage principal, ne va pas trouver dans l’élèvement christique. Ce n’est pas le caritas d’un Jésus de Nazareth car Pascal est plus humain. C’est un amour simple, accessible, celui qu’il a pour sa femme, une prostituée reconvertie. Un amour faillible mais touchant. Un amour bien réel.

Les critiques d'Elie Ramanankavana

Poète / Curateur d'Art / Critique d'art et de littérature / Journaliste

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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