Hasina Bandy Mandamina : la parole comme arme
6 juin 2026 // Influenceur du mois // 2159 vues // Nc : 197

Plus de 400 000 abonnés sur Facebook, des vidéos qui font le tour des fils d'actualité — et pas une danse, pas un défi viral en vue. Hasina Samoelinanja, alias Angano Mampisaina, a choisi une autre voie : la parole. Directe, ancrée dans la tradition malgache, et volontairement dérangeante.

Il y a une expression qu'il répète souvent, presque comme un mantra : Ny hazo avo lalipaka. Un arbre résiste au vent grâce à la profondeur de ses racines, pas à sa hauteur. Simple, presque évident — et pourtant, dans la bouche de Hasina, cette image devient le socle d'un discours bien plus vaste sur l'identité, la culture et l'état d'esprit d'une jeunesse qu'il estime « coincée entre deux réalités ». Ses contenus mélangent critiques sociales, philosophie populaire et coups de gueule assumés, dans un style cru et spontané que ses abonnés reconnaissent au premier plan. « Beaucoup de jeunes attendent qu'on change leur vie à leur place », lâche-t-il dans l'une de ses vidéos devenues virales. Une phrase sèche, et brutale à l'image du personnage.

Derrière la posture numérique, il y a surtout un amoureux du kabary — cet art oratoire traditionnel malgache où chaque mot porte un poids symbolique, où la forme compte autant que le fond, et où l'éloquence est une discipline à part entière, pas un talent inné. Hasina y a grandi, bien avant Facebook, bien avant les algorithmes.

Pour lui, le kabary n'est pas un folklore poussiéreux réservé aux cérémonies : c'est une forme d'intelligence sociale, une manière de transmettre et de réfléchir collectivement. « Quand on réveille quelqu'un qui dort profondément, il peut se mettre en colère parce qu'il aimait son sommeil », explique-t-il. Ses vidéos fonctionnent exactement sur ce principe — elles dérangent avant de convaincre.

À l'approche du mois de la langue malgache, sa démarche prend une dimension particulière. Son projet le plus personnel : des kabary déclinés en plusieurs langues — malgache, français, anglais, allemand, espagnol. Une fusion rare entre tradition locale et ouverture internationale, qui dit mieux que n'importe quel manifeste ce qu'il défend réellement : une culture capable d'évoluer sans se renier, de voyager sans se perdre. « Les racines restent ici, mais les feuilles doivent aller chercher la lumière ailleurs », résume-t-il avec cette assurance tranquille des gens qui savent exactement où ils vont. Dans un univers numérique saturé de bruit et d'instantané, Hasina Samoelinanja impose quelque chose de plus rare — du recul. Une influence qui ne cherche pas des vues. Elle cherche des prises de conscience.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Angano mampisaina – Hasina Bandy Mandamina
Photos fournies par Hasina Bandy Mandamina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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