Fiantso : Défi permanent
12 juillet 2026 // Influenceur du mois // 1337 vues // Nc : 198

Dans l'écosystème numérique malgache, certains créateurs imposent une autre échelle du divertissement. À 22 ans, Ratsimbazafy Fiantso Tohan'Itsiaro, alias Fiantso, transforme chaque vidéo en défi grandeur nature. Plus de 210 000 abonnés sur Facebook, 14 000 sur TikTok, et une ambition qui dépasse largement le simple contenu viral.

Sa dernière production en date s'appelle The Survivor, co-créée avec Okalou. Un format hybride entre émission, compétition et expérience collective — pas une vidéo de plus, mais un véritable événement qui mobilise la communauté dans son entièreté. La première édition a réuni près de 400 participants et posé les bases du concept. La saison 2 se prépare déjà, avec des défis plus ambitieux et une récompense annoncée autour de 3 millions d'ariary. C'est dans ce genre de projet que Fiantso révèle son ambition réelle : ne plus seulement divertir, mais construire un terrain de jeu où le numérique devient expérience partagée.

Son parcours, pourtant, n'a rien d'un ascenseur direct vers le sommet. À 15 ans, il débute sur YouTube avant de migrer vers Facebook, plateforme plus accessible à Madagascar. Une première audience se construit, puis s'effondre brutalement : sa page est piratée, perte totale, retour à la case départ à 18 ans.

En 2023, il relance tout sous l'identité Fiantso — un canular téléphonique en première vidéo, plus de 200 000 vues en quelques jours. Le signal est clair : la connexion avec le public n'a jamais été rompue, elle attendait juste de redémarrer.

Depuis, son contenu repose sur une mécanique simple : mettre en scène des expériences réelles et imprévisibles, où l'enjeu dépasse la simple vidéo. Courses contre la montre, canulars, défis urbains, expériences participatives — chaque format cherche à capter une tension immédiate. « Je veux que les gens vivent la vidéo avec moi », dit-il. Les spectateurs deviennent parfois acteurs, intégrés directement aux jeux, avec des récompenses en argent ou en nature. L'influence de MrBeast est assumée — « j'aime sa façon de transformer une vidéo en événement », confie-t-il — mais adaptée aux réalités locales : pas de gros budgets américains, juste de l'ingéniosité et un autodidactisme assumé, du montage appris seul sur CapCut jusqu'aux équipements plus professionnels comme le DJI Pocket 3. Chez Fiantso, chaque défi n'est plus une vidéo. C'est un rendez-vous.

Lucas Rahajaniaina

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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